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10 exercices pour préparer le choriste au chant

Préparation au chant

L’instrument de musique du choriste étant son corps et ses cordes vocales, le choriste doit préparer son « instrument » au chant, de la même façon qu’un violoniste prépare son violon avant d’en jouer. Pour mémoire, ces exercices sont issus des méthodes croisées de différents pédagogues reconnus. Leur objectif est de mettre le choriste dans les meilleures conditions pour produire et maîtriser son chant.

Rappel : durant le chant, le choriste se sert de trois parties de son corps :
1) son torse, siège de la production du souffle et de la respiration, qu’il doit maîtriser par l’action des muscles de sa ceinture abdominale qui appuieront sur les poumons pour expulser l’air ou, au contraire, exerceront une contre-pression pour le retenir, cas que l’on rencontrera pour produire des pianissimos dans l’aigu.
2) Sa gorge, et plus précisément ses cordes vocales, qu’il s’efforcera de laisser vibrer librement en laissant l’air s’écouler et en évitant tout effort musculaire au niveau du cou.
3) Sa cavité bucco-nasale, dont il doit maîtriser les ouvertures en fonction des sons et des notes qu’il veut produire.
La préparation vise donc à automatiser l’usage que fera le choriste de ces trois parties de son corps de façon qu’il puisse se concentrer sur l’expressivité de son chant.

La préparation du corps : 

Avant de commencer la séance de chant, surtout après une journée de travail, il est important de redonner au corps son équilibre et sa vitalité.

1) En position debout, on commence donc par faire dix rotations avec son bassin, dans un sens, puis dans l’autre. Un léger vertige peut survenir, sans conséquence, mais qui démontre seulement combien le corps avait perdu son positionnement dans l’espace.
2) On roule ensuite des épaules, dix fois vers l’avant, puis dix fois vers l’arrière. Le dos et les épaules sont à présent décontractés.
3) Avec les doigts, masser ensuite la nuque, le cou et la gorge, sans appuyer. Faire ensuite dix rotations avec la tête, dans un sens, puis dans l’autre.
4) Masser les maxillaires, en ouvrant et en fermant la bouche de façon relâchée. Masser enfin les tempes pour finir de détendre l’ensemble du corps.

Exercices pour la respiration diaphragmatico-thoracique :

Dans le chant, la ceinture abdominale joue le rôle de soufflet pour expulser ou inspirer l’air vite, fort ou doucement. Par l’action conjointe des muscles servant à expulser l’air ou, au contraire, à l’aspirer, le chanteur va maîtriser à la fois sa puissance vocale et la durée de son émission. Durant l’exercice, la gorge doit rester ouverte pour faciliter le passage de l’air.

1) Bien respirer. En position debout, bien droit, épaules basses et tête haute, comme tirée vers le haut par un fil imaginaire, inspirer brièvement, bouche nettement ouverte, puis relâcher l’air. Faire cela 10 fois.

2) Prolonger le souffle. Toujours debout, épaules basses, lever les bras vers la poitrine et inspirer par à-coups jusqu’à satiété en accompagnant chaque inspiration d’un moulinet des bras de l’intérieur vers l’extérieur. Expirer de la même façon, en accomplissant un moulinet inverse et en expirant un à-coup de plus qu’on a inspiré. Ainsi, il s’instaure une différence entre l’inspiration et l’expiration et une progression de la maîtrise du souffle. Pour faciliter l’exercice, on peut compter les à-coups, en commençant à cinq et en ajoutant donc un temps de plus à chaque nouvelle expiration. On essaiera d’aller d’abord à dix puis, peu à peu, au-delà. Cet exercice permet de maîtriser la quantité d’air expulsée.

3) Développer le soutien des muscles abdominaux. Pour entraîner les muscles à entrer en tension active, on pratiquera des séances de petits éclats de rires, respectivement sur les voyelles i, é, a, o, ou, en ouvrant bien la bouche. Cela donne : Hihihihihihihi, héhéhéhéhéhéhé, hahahahahahaha, hohohohohohoho, houhouhouhouhouhouhou. Faire cela dix fois ou plus si on le souhaite. Il est particulièrement recommandé d’ouvrir grand la bouche sur le « a », de façon à gagner en souplesse sur cette voyelle, dont on sait qu’elle tend à abaisser la hauteur des notes.

Exercices pour la cavité laryngo-buccale 

1) A la fois pour préparer la cavité laryngo-buccale au chant et pour éviter les accidents sonores ou autres, il est important d’égaliser la pression atmosphérique existant dans la bouche, soit au-dessus du larynx et la pression intérieure, celle située sous le larynx. Ce travail met en voix autant qu’il prépare l’élocution. Pour cela, nous recommandons les exercices suivants : 

- Après inspiration, expirer sur un ch prolongé, qui se transforme en « j », puis en « jo », puis en « o » sonore jusqu’à la fin de l’expiration : chchchchjjjjjjoooooooooo
- Après inspiration, même exercice avec ssssszzzzziiiiii

2) Si ce sont les cordes vocales qui produisent les vibrations sonores, les voyelles ajoutent leurs propres ondes sonores et donnent la couleur à la voix. Pour les rendre plus sonores, relever les pommettes comme lorsqu’on sourit et arrondir la bouche comme si l’on sanglotait. Cette position est appelée le « Singing Formant » ou « formation du chant » par les anglo-saxons. En relevant le voile du palais et en canalisant le son entre les dents, on obtient un son plus plein et plus brillant. La montée dans l’aigu est également facilitée. Le Singing Formant permet aussi d’articuler plus vite les consonnes de façon à prendre appui sur elle pour bien différencier les syllabes. On évite ainsi un chant informe où les consonnes ont disparu dans la masse sonore des voyelles. C’est ce que l’on peut constater avec l’exercice chanté : « Mamma, mi alma me ama », et dans lequel il faut éviter qu’on entende : « A…a…i… a…a…e…a…a ».

Exercices 

- Mamma, mi alma me ama.

- sur un ton montant, puis descendant : neuf, neuf, neuf, neuf ,neuf
- sur un ton montant puis descendant : naf, naf, naf, naf, naf
- sur un ton descendant : voï, voï, voï, voï, voï (pour les hommes) ou si, si, si, signore (pour les femmes)
- houaaaaaaa, houaaaaaaaa
- mi, mi, mi, mi, mi, mé, mé, mé, mé : vocalise pour apprendre l’appui sur les consommes.
- mi, mé, ma, mo, ma, mé, mi : vocalise pour automatiser l’appui sur les consonnes tout en formant bien différentes syllabes. Les voyelles donnent le sens tandis que les consonnes