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Choristes-avec-photocopies-3Reprographie de partitions

La Convention Chorales sauve les chœurs

 

Les premiers effets de la nouvelle Convention Chorales se font sentir, se félicite la Société des Editeurs et des Auteurs de Musique. De plus en plus de chœurs signent la convention pour pouvoir répéter et chanter avec des photocopies en échange d’un forfait annuel et de l’achat d’un original. Les éditeurs français et étrangers restent cependant sceptiques.


« La Convention Chorales va nous sauver la vie ! » ont confié avec humour les responsables du Chœur de l’Orchestre de Paris à Gérard Ganvert, Conseiller et Chargé de mission de la Société des Editeurs et des Auteurs de Musique (SEAM, www.seamfrance.fr). Il faut dire qu’avec 150 choristes adultes et plus de 10 œuvres majeures nouvelles interprétées par an, ce chœur amateur consacre un budget conséquent à l’achat de partitions. En signant la Convention Chorales, il pourrait désormais se contenter d’acheter un original de chaque partition, puis de payer son forfait annuel, calculé sur le nombre de ses choristes, pour photocopier à volonté ses partitions. De nombreux autres chœurs montrent le même intérêt : « Des dizaines de chœurs nous contactent par email ou par téléphone pour s’informer et les adhésions commencent, rapporte Gérard Ganvert. C’est normal car les chœurs attendaient l’agrément de reprographie que donne cette Convention Chorales depuis le 3 janvier 1995, date de la parution de la loi sur la gestion automatique et collective des agréments de reprographie. A cette date, les éditeurs auraient dû cesser de surveiller les chorales mais ils ne l’ont pas fait car aucune convention n’existait. A présent que les trois principaux éditeurs de partitions chorales, à savoir les Editions A Cœur Joie, les Editions Philippe Caillard et les éditions Delatour ont signé la Convention Chorales, les choses peuvent se mettre en place ». Les ensembles vocaux et les chœurs devront cependant adhérer à la Convention Chorales avant le 31 décembre prochain s’ils veulent en bénéficier pour l’année chorale 2014-2015.

 

Gerard-Ganvert-charge-de-mission-SEAMJouer le jeu pour chanter plus. Du côté des éditeurs, on reste cependant circonspect, même après avoir signé la Convention Chorales : « Cette Convention facilite la vie pour les chœurs, mais elle retire 40% de son chiffre d’affaires à notre maison d’édition, commente par exemple Jean-Claude Wilkens, directeur d’A Cœur Joie. Sur le plan économique, nous trouvons cela exagéré. C’est pourquoi nous espérons que les chœurs joueront le jeu et prouveront leur achat. Nous négocierons aussi avec la SEAM la répartition des fonds collectés ». A l’étranger, on ne croit guère à l’efficacité de cette Convention : « C’est le village gaulois qui continue à résister contre l’invasion d’Internet », lance avec humour un universitaire québécois. Ce à quoi Gérard Ganvert rétorque que « dans leur majorité, les chœurs veulent être dans la légalité ». On peut aussi rajouter que les partitions gratuites que l’on trouve sur le Web sont loin de valoir celles que produisent et garantissent les éditeurs. C’est dans cette qualité musicologique que les maisons d’édition devraient d’ailleurs trouver un premier moyen de bénéficier de cette Convention Chorales. Le second moyen étant, selon nous, le développement de la création contemporaine, ce dont ni les compositeurs, ni les chœurs ne se plaindront.
Michel Grinand