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Francis Bardot plan serre WebSociété Française des Chefs de chœur

Le chant choral s’invite dans les élections régionales

 

A l’occasion des élections régionales, le président de la Société Française des Chefs de Chœur (SFCC) Francis Bardot écrit aux candidats. Objectif : attirer l’attention et le soutien financier des futurs élus au secteur choral professionnel et amateur et instaurer un vrai dialogue socioculturel. En exclusivité pour Avantchoeur.com, Francis Bardot a précisé ses intentions.

 

Avantchoeur.com : Pourquoi la SFCC s’invite-t-elle aujourd’hui dans les élections régionales 2015 ?
Francis Bardot : La première raison est que la Société Française des Chefs de Chœur (SFCC) est née voici deux ans pour représenter tous les chefs de chœur français, quel que soit leur répertoire d’activité. Mais elle a eu besoin de temps pour constituer son Conseil National, parce que le chant choral français est constitué de nombreuses chapelles qui ne parlent pas d’une même voix et que, étant submergés de travail, les chefs français peinent à s’extraire de leurs soucis individuels. Or, nous voulions que la SFCC et que notre Conseil National regroupe la plupart des grands noms du chant choral, de même que notre Conseil d’Administration regroupe des chefs amateurs et professionnels comme Jean-Philippe Sarcos, Catherine de Beaudrap, Jean-Marie Guezala ou Béatrice Malleret. L’objectif est que, comme aux USA où existe une puissante association des chefs de chœur, nous puissions discuter avec les politiques et faire valoir l’intérêt du secteur choral dans les décisions législatives. D’autres personnalités doivent encore nous rejoindre.

 

Lettre Elect Reg hte defACC : Existe-t-il une relation privilégiée entre le chant choral et les régions ?
FB : Précisément et c’est la seconde raison de notre intervention. Le chant choral est très lié aux régions et aux politiques culturelles de proximité des collectivités locales. Il est important que les élus prennent conscience de ce qu’il représente sur le plan sociétal, économique et culturel. Il est ainsi un vecteur d’intégration sociale très important, comme je l’ai constaté dans le Val d’Oise, en faisant chanter un Requiem de Mozart très réussi à des enfants qui, à 70%, n’avaient sans doute pas de grands-parents nés en France. C’est un bon moyen pour que les jeunes issus de l’immigration s’approprient une culture qui est de fait la leur.

 

ACC : Quelle réponse attendez-vous des candidats aux élections régionales ?
FB : Je veux qu’ils acceptent de dialoguer avec nous pour que je sache s’ils connaissent le secteur du chant choral, s’ils ont une idée de son importance et quelle sera leur politique d’aide au chant choral. Ce premier contact sera aussi l’occasion de leur exposer la réalité économique, sociétale et culturelle du chant choral et de la SFCC. C’est, par exemple, notre concertation qui a permis à la Société des Editeurs et Auteurs de Musique (SEAM) d’expliquer sa Convention Chorales et de la faire accepter aux chœurs. Par sa représentativité, la SFCC est aussi la seule organisation capable de résoudre définitivement le problème de la concurrence entre les choristes amateurs et les choristes professionnels en proposant par exemple l’usage de quotas d’emplois de professionnels dans tous les spectacles amateurs faisant l’objet d’une production musicale commerciale de grande ampleur.

 

ACC : Qu’allez-vous demander aux candidats?
FB : Nous voulons être leur partenaire dans une réflexion sur la place du chant choral à l’école, dans tous les cursus de l’Education Nationale et dans la politique de la ville. Le monde musical ne doit plus être un huis-clos entre les ministères de la Culture et de l’Education Nationale, les mécènes et quelques professionnels triés sur le volet. Nous voulons revenir à un dialogue d’ensemble auquel nous participerons en tant qu’acteurs concernés. La politique de subvention aux chœurs, leurs critères d’attribution, leurs montants, leurs qualités, leurs quantités, la musique pratiquée, la localisation des chœurs et le recrutement doivent être discutés avec l’ensemble du monde choral, amateurs comme professionnels, car beaucoup de chœurs amateurs produisent des concerts de qualité lorsqu’ils ont des fonds. Nous voulons aussi que soient remises en place des aides aux chœurs régionaux et aux orchestres de chambre régionaux qui sont les partenaires naturels des chœurs et chorales amateurs. Nous pensons qu’il faut aussi permettre aux gens qui vivent dans un désert musical parce qu’ils sont modestes, empêchés ou isolés géographiquement d’accéder au chant choral.

 

Jean Marie Guezala Web2ACC : Ne craignez-vous pas que les élus limitent leur attention aux chœurs professionnels ?
FB : Il est vrai que beaucoup de monde, y compris parmi les chefs de chœurs, différencie les choristes amateurs des professionnels. Mais ce distinguo est inacceptable car il y a plus de choristes amateurs que de professionnels. Par ailleurs, l’intrication entre professionnels et amateurs est quotidienne. Ce sont les choristes amateurs qui achètent les disques des professionnels ou qui vont à leurs concerts. Ce sont les chorales de conservatoires, les chœurs d’enfants et les bons chœurs amateurs, comme les Jeunes Choeurs, qui fournissent de futurs chefs, choristes et solistes professionnels. Le vivier des professionnels se trouve dans l’immense creuset du chant choral amateur. C’est pourquoi la SFCC estime que les amateurs et les professionnels sont destinés à s’allier pour ne pas se pénaliser mutuellement.

 

ACC : Pour quelle date attendez-vous des réactions ?
FB : La date qu’ils veulent pourvu qu’elle se situe en amont des élections, car la majorité des 2,6 millions des choristes sont des électeurs et nous leur ferons connaître les réponses des candidats.
Propos recueillis par Michel Grinand

 


JP Sarcos donnnt des indications aux musiciensWebLa SFCC en quelques mots  

 

La Société Française des Chefs de Chœur, fondée en 2012, est une association nationale selon la loi de 1901, regroupant les chefs de chœurs français, amateurs comme professionnels. Elle a pour but de leur permettre de parler d’une seule voix avec les institutions et avec leurs partenaires. Prenant acte du fait que le chant choral est devenu une composante essentielle de la vie musicale et sociétale française, et qu’il repose d’abord sur l’activité du chef de chœur, elle se fixe pour objectif de veiller à ce que l’importance de leur mission soit affirmée et reconnue et à ce qu’aucune réflexion concernant leurs deux domaines d’activité, qui sont  le domaine musical : art vocal et choral, direction d’Orchestre, composition, arrangement et le domaine social : pédagogie, intégration, mixité sociale et intergénérationnelle, ne soit menée sans eux, ni aucune décision prise sans concertation (lois, règlementations, décisions fiscales). La Société Française des Chefs de Chœur mène ses actions sur proposition de ses adhérents ou des institutions qui lui sont associées, après décision de son Conseil d’Administration et avis de son Conseil National. 

(Extrait du règlement de la SFCC)