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1 Cdmc LMB présentation livre WebCentre de Documentation de la Musique Contemporaine

Le CDMC veut rester indépendant de l’Ircam et de ses choix musicaux

 

Adossement, oui, dilution, non ! Tel est le cri du cœur que lance le Centre de Documentation de la Musique Contemporaine au ministère de la Culture avant la réunion du 15 juillet 2015 qui entérinera son intégration dans l’Institut de Recherche et Coordination acoustique/Musique (Ircam). Le réseau Futurs composés et les compositeurs soutiennent le CDMC.

 

Une fenêtre sur tout ce qui se passe dans la création musicale. S’il reconnaît devoir s’adosser à une structure plus grande pour perdurer, le Centre de Documentation de la Musique Contemporaine refuse son absorption par l’Ircam qu’ordonnera la Direction Générale de la Création Artistique (DGCA) le 15 juillet prochain. Leurs missions lui semblent par trop opposées. « Nous comprenons que le ministère de la Culture veuille réorganiser ses structures par souci d’économie, mais l’Ircam est un organisme de recherche et de production guidé par des choix éditoriaux qui l’ont déjà conduit à faire disparaître des structures indépendantes comme Acanthes, l’IPMC ou le Cenam, justifie Laure Marcel-Berlioz, Directrice du CDMC. A l’inverse, le CDMC est un organisme de collecte de tout ce qui se passe dans la création musicale, sans dogmatisme, ni critère esthétique. Nous possédons un fonds de milliers de partitions confiées par 1134 compositeurs actuels. Pendant vingt ans, ces derniers et les chercheurs peuvent venir les consulter gratuitement, sans condition d’action, avant que nous les confiions à la Bibliothèque Nationale ».

 

2 pascaldusapin WebLa peur du dogmatisme de l’Ircam. Ce que confirme le compositeur Alexandre Ouzounoff, pour qui cette intégration équivaut à une dilution : « Je m’oppose à cette fusion pour deux raisons, lance-t-il. La première est que le CDMC est un outil de travail très performant, une bibliothèque de fonds documentaires qui m’a mis le pied à l’étrier dans la diffusion de mes compositions en m’autorisant à compulser ses fonds documentaires. La seconde est que l’Ircam ne suit que des directions esthétiques précises ». Avec 280 autres compositeurs, dont Pascal Dusapin, Thierry Machuel, Philippe Manoury, Philippe Hersant, Bruno Giner, Jean-Christophe Rosaz, Michel Musseau et Philippe Chamouard, il est signataire d’un Manifeste s’opposant à l’intégration du CDMC dans l’Ircam. En fait, c’est l’ensemble des membres du réseau Futurs Composés, soit des centres nationaux de création musicale, des éditeurs et labels, compositeurs, interprètes, ensembles et compagnies, indépendants, structures de production, de diffusion, d'information et de formation, … qui s’oppose à ce rapprochement avec l’Ircam pour protéger la création musicale: « Le CDMC travaille à tout ce qui est utile à la promotion de la création musicale contemporaine et à sa rencontre avec les publics, en lien avec le milieu professionnel », écrit le réseau, en rappelant d’ailleurs que le CDMC « est un centre de documentation « généraliste » créé avec la Sacem et Radio France. Son évolution ne peut s’envisager qu’en garantissant son indépendance afin qu’il reste au service de la variété des approches de la création musicale ».

 

4 Ircam et tente WebLa voix de la raison. Pourtant, le 15 juillet, une réunion des intéressés devrait entériner la fusion tant décriée. Laure Marcel-Berlioz demande donc au ministère de la Culture et à la DGCA de surseoir à cette décision pour étudier d’autres solutions. Elle préconise ainsi le rattachement du CDMC à un organisme de recherche comme le CNRS ou la section de musicologie de l’Université de Paris 4 ou même à un organisme de formation : « Il faut que nous soyons proches des lieux de formation des musiciens afin qu’ils puissent y venir aisément, affirme-t-elle. De plus, rien n’indique que l’Ircam, qui compte déjà 120 salariés, aura la place d’héberger nos six serveurs informatiques, notre site Internet et notre personnel ». Il semble bien que, des discussions qui se tiendront le 15 juillet 2015, dépendra la vitalité actuelle de la création musicale française, tant chorale qu’instrumentale.
Michel Grinand