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1 Zach dirigeant le choeur gros plan WebParis Choral Society, 8 et 9 avril 2016

Grande Messe de Mozart et Messe brève de Salzbourg

 

Le Salzbourgeois et son émule. Le 8 avril 2016 à 20h00 et le 9 avril à 18h00, à la Cathédrale Américaine de Paris, le chœur de la Paris Choral Society et le Paris Symphonic Orchestra donneront en concert la Grande Messe de Mozart, ou Messe en ut mineur, ainsi que la Salzburg Missa Brevis du compositeur contemporain américain Richard Burchard. Un programme que la ville de Salzbourg réunit à travers le temps puisque c’est en écoutant la musique du divin Wolfgang dans la ville même de son origine que Richard Burchard a conçu sa Messe Brève. On notera d’ailleurs que ce sera la première fois que la Messe Brève de Richard Burchard sera jouée en France. L’auditoire sera sans doute tenté de rechercher quelque secret lien entre les deux œuvres, mais celles-ci gardent jalousement leur part respective de mystère.
2 Zach portrait WebJubilation matérialiste et spiritualité inquiète. Ainsi, on ne sait pas pourquoi la Grande Messe de Mozart, véritable ex-voto du compositeur au Tout-Puissant pour lui avoir permis d’épouser Constance Weber, est restée inachevée en dépit de la ferveur scintillante et de la jubilation évidente qui l’animent. Le compositeur a laissé son Credo incomplet et omis l’Agnus Dei, abandonnant aussi le Crucifixus après quelques mesures pourtant admirables. Pourtant, l’œuvre était d’une proportion euphorique avec son double chœur et l’aria de plus de 100 mesures consacré à la soprano soliste, une aria que Constance Weber aurait sans doute chantée. De son côté, la Salzburg Missa Brevis de Richard Burchard a attendu 12 ans entre sa création à Salzbourg, en 2003 et sa publication, en 2015. Messe catholique écrite par un Américain du 21e siècle, elle reflète une ferveur moderne, plus contemplative et inquiète, comme l’expression d’un homme que fascinent et impressionnent en même temps les mystères de la vie et de la foi. Les notes filées, le lyrisme mélancolique et l’atmosphère éthérée, qui rappellent à la fois les compositions tout aussi contemporaines d’un Morten Lauridsen et d’un Eric Whitacre, contrasteront donc avec les mélodies virtuoses et complexes de Mozart. Ce concert opposera de ce fait deux sensibilités et deux destins différents, que le chef de la Paris Choral Society : Zachary Ullery, aura à cœur de mettre en valeur avec la précision et la passion qu’on lui connaît.
MG