AvantChœur.com

Le magazine en ligne du chant choral

repetition brahms l duo jatekokWebRequiem Allemand de Brahms, le 18 mars 2016, au Temple du Saint Esprit à Paris

Le chœur Zene et le duo Jatekok dans une communion introspective

 

Spleen et recueillement. Le 18 mars 2016, à 20h30, au Temple du Saint-Esprit, à Paris (75008), le chœur de chambre Zene et le duo Jatekok, dirigés par Bruno Kele-Baujard, reprendront la version de Londres, avec piano à quatre mains, du Requiem Allemand de Brahms qu’ils avaient interprétée le 18 novembre 2015, en hommage aux victimes des attentats de Paris. Cette reprise d’une œuvre dédiée à ceux qui ont perdu des proches trouvera tout son sens dans cette interprétation qui privilégie la communion avec l’auditoire et lui apporte le réconfort final. « Ce bijou du romantisme qu’est le Requiem Allemand est aussi une synthèse du Sehnsucht, ce vague à l’âme et cette introspection typiques de l’esprit allemand et proche de notre Spleen, commente Bruno Kele-Baujard. Il en résulte une œuvre très humaine et cyclique, dans laquelle la douleur est continue. Celle-ci nous saisit pour ne nous libérer qu’avec le « Heureux soient les morts » (Selig sind die Töten), dont le relâchement et les voix presque blanches génèrent une ambiance identique à celle du Paradisum des Requiem classiques ».
bruno profil WebUn effectif idéal. Pour répondre aux exigences de ce Requiem Allemand intimiste, Bruno Kele-Baujard a mis tous les atouts de son côté. Avec 7 sopranos, 6 altos, 6 ténors et 6 basses, le chœur Zene a le nombre de voix idéal pour couvrir la large palette vocale du Requiem, du pianissimo au fortissimo et du grave au suraigu, tout en conservant le caractère intime. De plus, la présence d’un contre-ténor masculin au milieu des voix féminines rajoutera une rondeur aux sonorités tendues tandis que le timbre de la soprano Roxanne Chalard valorisera le solo du 5e mouvement. Le baryton Félix Kemp est également très expérimenté. Le duo Jatekok, qui réunit Naïri Badal et Adélaïde Panaget, est riche d’une longue connivence et, pour avoir chanté et dirigé le Requiem Allemand à plusieurs reprises, Bruno Kele-Baujard dirigera ses troupes avec brio. Dernier atout, et non des moindres, le Temple du Saint-Esprit possède une acoustique idéale grâce à ses nombreuses boiseries. Le concert, qui sera la réplique de celui de novembre 2015, promet donc de l’émotion au public.
MG