AvantChœur.com

Le magazine en ligne du chant choral

P1 Nicole Corti WebAcadémie de Direction de chœur Spirito / CMF

Derniers jours pour s’inscrire aux Sens de la Voix 2017

 

Le « Tout mouvement » au cœur de la direction. Les chefs de chœurs candidats à la participation à l’Académie de Direction de chœur « Les Sens de la Voix », co-organisée par Spirito et la Confédération Musicale de France au Conservatoire d’Aix-les-Bains du 8 au 14 juillet, ont jusqu’au 26 mai pour s’inscrire. Dirigée cette année encore par Nicole Corti, l’Académie se dédiera cette année encore à l’art de la gestuelle et à l’énergie du geste de direction. Technique de direction, technique vocale, méthodologie, analyse des partitions, stylistique, théâtre et poétique seront les champs d’étude de l’Académie et les sources d’inspiration pour cette gestuelle directive. Dans son travail, Nicole Corti sera accompagnée, cette année encore, par le compositeur, cinéaste et créateur de mouvement Thierry de Mey. Les chefs de chœur Catherine Roussot et Manuel Simonnet l’épauleront, tandis que Benjamin Lunetta et Jean-Noël Poggiali apporteront leur expérience en technique vocale et que Laure Zehmann-Lavignolle assurera la partie pianistique. Le chœur d’application sera composé par les stagiaires.
6 travail choral du soir WebTarif réduit aux adhérents de la CMF. L’Académie se concentrera sur trois niveaux de travail : direction de chœur débutant (Groupe1), de chœur expérimenté (Groupe2) et de chœur semi-professionnel ou professionnel (Groupe3). Neuf compositeurs seront soumis à la sensibilité et l’expressivité des stagiaires : Mozart, Haydn, Schubert, Mendelssohn, Fauré, Poulenc et, pour les Groupes 2 et 3, Auric, Thierry de Mey lui-même et Zad Moultaka. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 26 mai dans la limite des places disponibles en contactant la CMF via Marine Foucaud au 01 55 58 22 88. Le tarif pour participer aux Sens de la Voix est de 360 euros pour les membres de la CMF et de 760 euros pour les non-membres, mais la CMF offre aux candidats la possibilité de bénéficier du tarif de membre en adhérant à la CMF pour 32 euros par an. En fin de stage, les chefs élèves montreront le résultat de leur travail dans le cadre d’une audition publique qui se tiendra le jeudi 13 juillet à 20h00.
ACC

1 JPM chef orchestre Web2Saison 2017 du chef de chœur Jean-Marie Puissant

Un programme tout en plaisirs musicaux et en éclectisme

 

De l’opéra aux Vêpres… Pour le chef de chœur et d’orchestre Jean-Marie Puissant, l’année 2017 sera particulièrement riche en concerts variés : « Un programme plein d’œuvres et de thématiques très différentes, comme j’aimais en faire quand je chantais et comme j’aime faire en tant que chef », reconnaît-il. De fait, dès les 11 et 12 janvier 2017, Jean-Marie Puissant dirigera l’opéra L’Enfant et les Sortilèges, de Maurice Ravel sur un texte de l’écrivain Colette, à l’auditorium du Conservatoire de musique de Reims avec son Ensemble de solistes Allegri, les élèves de la classe de chant du Conservatoire rémois; le Choeur Nicolas de Grigny et Jeanne Vallée au piano. Particularité : si l’œuvre sera donnée en version de concert, l’action sera illustrée par la diffusion muette du film réalisé par l’Institut National de l’Audiovisuel en 1967 (http://www.ina.fr/video/CPF86632216 ). Puis, le 10 mars 2017 à Brunoy (91), le 12 mars à Dijon (21), le 25 mars à Guignicourt (02) et le 26 à Reims, l’ambiance deviendra baroque pour Les Vêpres de la Sainte Vierge, de Monteverdi, interprétée tour à tour par le Choeur Variatio et le Chœur Nicolas de Grigny, tous deux accompagnés par l’Ensemble Les Muses Galantes : « Pour avoir pratiqué le chant baroque avec Philippe Herreweghe et William Christie, je suis toujours ému de diriger des cornets à bouquin et des saquebouttes, confie Jean-Marie Puissant. Et les Vêpres sont un tel monument ! Avec ses accents opératiques, elle a suscité un tel scandale que Monteverdi a dû réclamer la protection du Pape pour ne pas être inquiété ».
2 Enfant et Sortileges avec lettre2Web.. et de Haydn à Woo. Le 20 avril 2017, le chef dirigera le Stabat Mater, de Haydn, à Longpont (91) et à Reims en mai. Il préparera aussi le Requiem de Fauré avec le Choeur Variatio pour Laurent Petitgirard et l'Orchestre Colonne. Le Choeur Nicolas de Grigny participera ensuite au concert d'inauguration de la grande rosace de la cathédrale de Reims, le 23 juin, puis interprétera le Requiem de Verdi à Lille, le 12 juillet, sous la direction de Jean-Claude Casadesus. Suivra un programme sur le thème du voyage lors du concert pique-nique des Flâneries Musicales de Reims, le 22 juillet. Jean-Marie Puissant préparera alors son pour Jacques Mercier qui dirigera la Messe de Sainte-Cécile, de Gounod, et le Te Deum de Bizet au Festival de la Chaise-Dieu, les 25 et 26 août. Puis, le 17 décembre, le chef se plongera dans la musique russe en dirigeant l’Orchestre des Médecins de France et son chœur dans Les Danses polovtsiennes, de Borodine et le Chant de la Forêt, de Chostakovitch. Après quoi, Jean-Marie Puissant préparera 2018, année où il espère reprendre le magnifique Oratorio Creo, de la jeune Coréenne Hyo-Won Woo, dont il avait fait la création européenne le 23 novembre 2016. 

MG

1 choeur au GTP credit Marif Deruffi WebPremier concert d’Hysope au Grand Théâtre de Provence le 22/12/2016

Vingt-et-un chœurs de Noël comme on ne les a jamais entendus

 

De Michaël Praetorius à Thierry Escaich. Pour son premier concert choral devant son public aixois, le 22 décembre 2016 au Grand Théâtre de Provence, à 20h30, le chœur symphonique du projet artistique Hysope, que mène Bruno Rastier à Aix-en-Provence, chantera 21 chants de Noël rares ou aux arrangements inédits. De la version renaissance de « Es ist ein Ros’ entsprungen », du compositeur allemand Michaël Praetorius, jusqu’à la version contemporaine de cette même œuvre par le suédois Jan Sansdtröm, en passant par des Noëls provençaux, « Petit Papa Noël », « Il est né le divin enfant » ou « Entre le bœuf et l’Âne gris », subtilement arrangés pour chœur par Mathieu Le Nestour, William Llewellyn et Thierry Escaich, les choristes et artistes de chœur d’Hysope enchaîneront des chant de Noël célèbres, mais aux accents renouvelés. Sur le plan visuel, le chœur sera aussi très changeant, promet Bruno Rastier : « Le programme alternera les formations chorales, précise-t-il. Tandis que le chœur Hysope chantera les pièces savantes, comme le « O magnum Mysterium » de Morten Lauridsen ou le « Lux Aurumque », d’Eric Whitacre, l’ensemble du chœur symphonique interprétera de mémoire les chants traditionnels. Un quintet vocal interviendra aussi, de même qu’un enfant soliste. Ce sera très vivant ».
2 Dominique Bluzet2 WebHysope cherche ses mécènes. Né de la réunion de 100 choristes amateurs de la région et de 20 futurs artistes lyriques de chœur, ce chœur symphonique reflète l’ambition du projet artistique Hysope que mène Bruno Rastier : créer en Provence une dynamique d'excellence sur toute la chaîne chorale, depuis les chefs de choeur jusqu'aux choristes de chaque village provençal, avec le soutien permanent de chanteurs professionnels. « A l’engagement personnel des choristes et des 18 chefs que je forme, j’ai constaté que mon projet répondait à un vrai besoin, se félicite le directeur artistique. Les régions manquent de formation chorale et les choristes amateurs ont envie de partager leur passion du chant choral avec des chefs et des choristes professionnels. Je suis donc optimiste sur le succès d’Hysope, même si la question du financement n’est pas réglée ». De fait, Hysope repose sur les fonds personnels de Bruno Rastier et sur le soutien logistique du Grand Théâtre de Provence, son directeur Dominique Bluzet ayant décidé d'accueillir les réalisations du projet sur sa scène dès 2016. Hysope a donc besoin de trouver ses mécènes privés pour enchanter la Provence et ce premier concert vise aussi à susciter des dons. Les entreprises candidates au mécénat contacteront Bruno Rastier sur son email : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .
MG

Choeur Emelthée en concertWebLe Tombeau des Passions de Philippe Forget

Le Chœur Emelthée chante La Belle (et mystérieuse) Cordière

 

Vingt-quatre sonnets pour une postérité. Le 25 novembre 2016, à 20h30, au Temple du Change de Lyon, le chœur Emelthée, que dirige Marie-Laure Teissèdre, créera en concert « Le Tombeau des Passions », une œuvre écrite pour le chœur par le chef d’orchestre et compositeur Philippe Forget, à partir des vingt-quatre Sonnets de la poétesse Louise Labé (Lyon, vers 1524- Parcieux-en-Dombes, le 25 avril 1566). Fille et épouse de fabricants de cordes, d’où son surnom de « La Belle Cordière », Louise Labé a fait partie du groupe de poètes de « l’Ecole lyonnaise », lequel comprenait aussi Maurice Scève et Pernette du Guillet. Riche et instruite, elle s’intéressa à tous les arts de la Renaissance et fréquenta les poètes de son temps, ne produisant finalement que 662 vers, Trois Elégies et un Débat de Folie et d’Amour s’ajoutant à ses Sonnets. L’opposition entre sa culture et sa parcimonie créatrice a d’ailleurs suscité un doute sur son existence, nombre de critiques estimant que Louise Labé n’était qu’un pseudonyme dissimulant un groupe de poètes lyonnais.
louise labé WebHumanité et passions. Toujours est-il qu’à la demande du chœur Emelthée, Philippe Forget a composé un « Tombeau des Passions » rendant hommage à l’art de la poétesse. Touché par « l’humanité, la diversité d’expression et l’exploration de l’âme humaine » qu’il a découverts dans ses Sonnets, le compositeur a écrit une œuvre dans laquelle 16 voix viennent exprimer les tourments féminins de la passion tels que les a décrits en poésie La Belle Cordière. Et c’est ce Tombeau des Passions que créera donc le chœur Emelthée, ajoutant à son programme des psaumes de compositeurs Lyonnais du 16ème siècle, ainsi que la Sestina de Monteverdi. Ce faisant, le chœur Emelthée rappelle comme Lyon et l’Italie ont entretenu, tout au long de la Renaissance, des liens étroits et de nombreux échanges. Les places peuvent être réservées sur le site d’Emelthée : http://www.emelthee.fr/ .
MG

1 Choeur de chambre Pce2Calisto et Hymnis forment le Chœur de Chambre de Provence

Regroupement choral pour 7 Miserere à La Ciotat

 

Rencontre de choristes chevronnés. En s’associant pour former le Chœur de Chambre de Provence, l’ensemble vocal masculin Calisto, de Jean-Christophe Filliol, et l’ensemble féminin Hymnis, de Bénédicte Pereira, offriront au public de La Ciotat un concert exceptionnel sur les sept plus beaux Miserere baroques, le 18 novembre 2016, à 20h30, en l’église Notre-Dame de La Ciotat(13600). Un programme que seule l’association des deux ensembles a rendu possible puisqu’il comporte des pièces pour chœur mixte et des pièces pour chœur à voix égales, chacune d’elles exigeant en outre des choristes chevronnés pour les aborder. Les hommes de Calisto et les femmes d’Hymnis cumulant ensemble quinze ans d’expérience en polyphonie baroque, le Chœur de Provence pourra ainsi présenter dans la même soirée un florilège choral varié et passionnant sur les différentes façons de chanter a cappella le Miserere, depuis le Miserere à six voix mixtes de Jean Lhéritier (1480-1552) jusqu’au double canon pour quatre voix d’hommes de Henry Purcell (1659-1695). Le Chœur abordera aussi des pièces aussi emblématiques que le Psaume 50 pour dix voix mixtes de Hans Léo Hassler (1564-1612), les Miserere d’Ascanio Trombetti (1544-1590) pour six voix d’hommes et de Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621), pour quatre voix de femmes en canon, ainsi que le « Abbi di me, Signor », un Miserere en italien pour six voix mixtes de Giovanni Croce (1557-1609).
2 Gregorio Allegri WebLe Miserere interdit d’Allegri. Surtout, il donnera l’incomparable Miserere de Gregorio Allegri (1582-1652). Expression d’une piété atteignant à l’angélisme, ce Miserere avait tellement frappé les esprits de son époque que, afin de préserver ce trésor musical qui faisait la gloire de Rome, les Papes en avaient interdit la copie sous peine de mort. L’interdit ne disparut qu’avec la fin de la période baroque et après le passage à Rome de Mozart. A l’issue de la seule écoute à laquelle il fut convié, le divin Amadeus en recopia de mémoire la partition, prouvant ainsi que l’art baroque était devenu académique. La pièce est cependant demeurée un chef-d’œuvre et, en l’écoutant, les Ciotadens pourront remercier l’Association Arts et Musiques en Provence d’avoir organisé cette rencontre entre Calisto et Hymnis et d’avoir produit ce concert. Les places sont à réserver auprès de l’église Notre-Dame de La Ciotat au 07 60 69 59 34.
MG

1 DAC en Concert WebConcerts des Dei Amoris Cantores, 19-20 novembre 2016, à Paris

Pleins feux sur le chœur des Chanteurs Amoureux de Dieu

 

Des chants à neuf voix. Après neuf mois de silence, le chœur Dei Amoris Cantores retrouve son public pour célébrer le lancement de son troisième disque à travers deux concerts illuminés aux bougies les 19 et 20 novembre à 20h45, en l’église Saint-François de Salles, à Paris (75017). Fidèles à leur objectif de renouveler le chant choral liturgique en élevant ses qualités musicales et poétiques afin de ramener les fidèles vers l’Eglise, selon les principes énoncés par les encycliques des Papes Benoît XVI et François, les Dei Amores Cantores ont soigné leur retour au disque et aux concerts. Avec la signature de Godefroy de Sévin s’ajoutant à celles de Martin Szersnovicz et Frère Gaëtan, le chœur dispose à présent de quatre compositeurs chanteurs, Tanguy Dionis du Séjour ajoutant encore à ces fonctions celle de chef de chœur. Quatre auteurs et donc quatre styles différents seront ainsi à l’origine d’un programme en quatre tableaux, tout entier consacré à chanter les louanges de la Sainte-Trinité et de la foi catholique. Dans l’élan, le chant choral a aussi mûri et il s’exprimera désormais sur des œuvres pouvant nécessiter jusqu’à neuf voix. Ces morceaux de haut vol, sans doute composés dans la même intention évangélisatrice que celle qui prévalut pour la consolidation de la foi protestante, exigeront des choristes amateurs un réel investissement musical, mais attireront aussi l’attention des chœurs professionnels ou semi-professionnels qui se dédient au chant sacré. Leur intérêt pourrait bien alors s’étendre au grand public.
Renato Hausler devant un groupe musicalWebLes illuminations de Kalalumen. Comme pour célébrer dignement son exposition nouvelle aux feux de la critique publique et musicale, les Dei Amoris Cantores ont recouru au Guet de la Cathédrale de Lausanne pour illuminer l’église Saint François de Salles durant leurs deux concerts. Fondateur de Kalalumen (« Chœurs de Lumière »), Renato Häuser en personne disposera des milliers de bougies sécurisées sur les chandeliers, les piliers et tous les supports disponibles dans l’église. C’est donc dans une nef étoilée de lumières et une ambiance à la fois recueillie et merveilleuse que Dei Amores Cantores entonnera ses nouveaux chants. L’entrée étant libre, de nombreux auditeurs sont attendus, tant profanes que fidèles. Pour les vingt choristes de Dei Amores Cantoris, parmi lesquels se comptent déjà des semi-professionnels et des étudiants du Conservatoire National Supérieur de Musique, ces concerts et la mise en vente de leur nouveau disque constitueront une étape importante. A l’issue du weekend, les Dei Amoris Cantores auront franchi un grand pas vers le monde et le siècle.
MG

1 Cofo WebRequiem de Berlioz, Eglise de La Trinité, Paris, 11-14 novembre 2016

Le Chœur et Orchestre Français d’Oratorio sur l’autel de Berlioz

 

Trois cents choristes. Les 11 et 14 novembre 2016, à 20h30, l’Eglise parisienne de La Trinité, lieu même de la cérémonie des funérailles d’Hector Berlioz et pour lesquelles le Lacrymosa de son Requiem avait été joué, résonnera encore sous les accents tantôt apocalyptiques, tantôt émouvants et tendres de sa Grande Messe des Morts. Dirigeant son Chœur et Orchestre Français d’Oratorio (COFO), Jean-Pierre Lo Ré, qui avait déjà conduit 800 musiciens dans cette œuvre avec voici quelques années, donnera cette fois une version à taille plus humaine avec seulement 300 choristes. Mais la présence de six chœurs amateurs aux côtés du COFO en fera une première : le chœur A Contretemps, direction Françoise Pech ; le Chœur Ostinato, de Bernadette Beurthey ; le chœur de Cernay La Ville renforcé par le Chœur d’Hommes Gerson, direction Jean-Pierre Lo Ré ; l’Ensemble vocal du Chesnay, direction Silvio Segantini, et l’Ensemble vocal d’Orgeval, de Flavien Boy. Le chanteur lyrique Patrick Garayt assurera la partie soliste de ténor, tandis que Sotiris Kyriazopoulos sera violon solo. Sur le plan instrumental, la phalange sera renforcée par les Cuivres de Guy Touvron. Installés en croix latine aux quatre points cardinaux de l’église, les quatre fanfares des Cuivres et les timbales qui les accompagnent donneront assurément au Dies Irae et au Lacrymosa l’ampleur magistrale qui a fait la notoriété de ce Requiem.
2 wassyl artiste et soldatFinancement par Kiss Kiss Bank Bank. Rarement donné, du fait de sa longueur de 90 minutes et des effectifs qu’il requiert, ce Requiem sera aussi l’occasion pour Jean-Pierre Lo Ré et son COFO d’honorer la mémoire du chanteur ukrainien Wasyl Slipak, avec lequel le chef avait interprété le premier opéra de Dimitri Bortniansky : « Le plus beau Requiem du Monde ». « Géant à la voix de basse extraordinaire », Wasyl Slipak avait troqué sa longue chevelure pour la mèche des cosaques et participait à la lutte des Ukrainiens contre les séparatistes russophones. Prenant régulièrement le chemin de son pays pour en animer l’esprit patriotique en chantant dans les rues et en participant aux combats, il est tombé à l’aube du 29 juin 2016, à 41 ans, touché de deux balles par un tireur embusqué. La phalange de Jean-Pierre Lo Ré dédiera donc ce Requiem de Berlioz à la figure à la fois lyrique et martiale de ce chanteur hors du commun. A noter aussi que le concert sera enregistré et que le COFO a engagé un appel à Financement participatif auprès de la plate-forme Kiss Kiss Bank Bank pour payer les frais de production du disque. La campagne de collecte est ouverte jusqu’au 5 décembre 2016 pour atteindre la somme de 7000 euros.
MG

1 Le Miroir Verre composé2 « Once upon a Time… », au Temple du Luxembourg le 19 novembre 2016

L'ensemble choral Le Miroir met en scène l’Eternel Féminin

 

Histoires d’amours. Après son passage au Festival 10 de Chœurs, l’Ensemble vocal féminin Le Miroir met en scène, à 20h30 le 19 novembre 2016 au Temple du Luxembourg (Paris), son nouveau concert choral sur le thème d’un conte mystérieux dont le public devra trouver lui-même le sens. Il était une fois « Once upon a Time… », une histoire à partir d’histoires d’amour, d’émois, de passions et de peines, toutes mises en musique par les compositeurs parmi les plus emblématiques du 20e siècle : Bartok, Rautavaara, Aperghis, Cage, Nystedt, auxquels s’ajoutent les compositeurs montants du 21e siècle : Eric Tanguy, Thierry Machuel, Jean-Christophe Rosaz, Pierre Chépélov, Patrick Burgan, Valérie Philippin, Théodore Morrison ou Myrtha Pozzi. A travers vingt-deux compositions ou arrangements pour chœur de ces treize auteurs, Cécile Rigazio, chef de chœur du Miroir, a concocté « à l’instinct et au feeling » un parcours de vie qui évoque furieusement la destinée affective de la femme, depuis son adolescence jusqu’à l’âge mûr, en passant par les péripéties de la vie d’épouse. En proie à ses passions, ses tentations, mais aussi à ses devoirs et ses ambitions, la femme amoureuse traverse les jardins fleuris de l’amour, les pièces douillettes du foyer, les cités querelleuses des hommes et les antres sombres de la corruption et du vice, avant de trouver enfin une certaine sérénité dans la certitude de l’éternel recommencement.

2 Dylan Read dansant WebJeux du corps et de la voix. Dans cette introspection sentimentale, la « Récitation 9 » de George Aperghis, déclamation à l’envers de la phrase : « Parfois je résiste à mon envie, parfois je lui cède, pourquoi donc ce désir? » fait figure de symbole, comme la découverte progressive de l’inéluctable attrait de l’amour sur la gent féminine. Il n’y a peut-être pas d’amour heureux, mais la femme n’a que de l’amour à donner et c’est par brassées. Pour mettre en scène cette « Histoire faite d’histoires » sur les grandeurs et les misères de l’Eternel Féminin, Cécile Rigazio a fait appel au chorégraphe Dylan Read, lequel a proposé une « mise en mouvement » plutôt qu’une mise en scène : « Nous utilisons les mouvements et les placements des choristes comme outils de narration, rapporte Cécile Rigazio. Les pupitres, parfois debout, parfois couchés, figurent des êtres et des scènes. Les interventions progressives des choristes dans les textes dits et les superpositions de voix jouent aussi un rôle dans l’ambiance ». Résolument moderne, « Once upon a Time… » s’affiche donc comme un spectacle choral à la fois édifiant et malicieux où le jeu et l’émotion se disputeront les impressions du public, mais aussi les actions des 15 choristes du Miroir quand celles-ci donneront libre cours à leur imagination pour des improvisations vocales et gestuelles.
MG

 

1 ZENE avec partitionWebConcert choral au Temple des Batignolles, le 12 novembre 2016, à 20H30

Ornementations et improvisations baroques avec ZENE

 

Dix voix virtuoses en chœur. Le samedi 12 novembre 2016, à 20h30 au Temple des Batignolles de Paris, Bruno Kele-Baujard et son ensemble vocal ZENE reprendront leur très beau et très virtuose programme « Autour de Domenico Scarlatti ». Dans l’acoustique intime et sobre du Temple des Batignolles, le « Stabat Mater » du compositeur, pour dix voix solistes sur continuo d’orgue positif, de théorbe et de violoncelle, révélera tous les joyaux de ses ornementations : « Le Stabat Mater de Domenico Scarlatti est une des seules œuvres pour dix voix solistes de l’époque, explique Bruno Kele-Baujard. Aucune des dix voix n’étant jamais doublée, elle constitue un exemple de musique de chambre dans laquelle des individualités solistes marquées s’efforcent de communier dans la musique. En même temps, j’ai voulu que les choristes aient une couleur vocale unie afin que le public se demande qui chante dans les entrées en imitation et que les fugues soient d’une grande intensité au niveau des harmoniques ».
2 Bruno Kele BaujardWebLe Miserere d’Allegri improvisé façon ZENE. Avec leurs compositions pour huit voix solistes, le « Crucifixus » de Lotti, le magnifique motet « Hear my Prayer » du compositeur anglais Henry Purcell (https://soundcloud.com/ensemblezene/hear-my-prayer-o-lord-i-purcell ) et l'extatique « Miserere » d’Allegri ne dépareilleront pas dans ce programme. Le « Miserere », en particulier, fera l’objet d’un traitement audacieux : « Je suis convaincu que les musiciens de l’âge baroque avait à cœur de moderniser leurs interprétations, rapporte encore le jeune chef de chœur. Pour cela, ils variaient leurs ornementations, n’hésitant pas à improviser. Nous avons donc nous aussi choisi cette option en combinant la version aux voix filées, la plus connue aujourd’hui, avec une version ornementée de façon baroque. Nous entamerons donc la pièce sur la version classique, puis introduirons les ornementations baroques, mais de façon moderne et improvisée, comme dans le jazz. Il y aura peut-être même des effets de dissonances avant que, pour finir, nous revenions à la version classique pour confirmer que nous sommes bien dans le « Miserere » d’Allegri ». Du fait de cette liberté d’expression, le concert sera unique et le public de la Cathédrale de Quimper, qui l’entendra à son tour le 14 août 2017, aura droit à une tout autre version. Même chose pour l’enregistrement que fera ZENE de ce programme, en avril 2017 : les improvisations consisteront en des étirements de notes qui, cette fois, rapprocheront le « Miserere » des chants corses et basques. Manquer le concert du 12 novembre 2016, à Paris, équivaudrait donc à ignorer une des mille facettes du joyau musical que Bruno Kele-Baujard façonne peu à peu avec ZENE. Témoin, l’ «Ave verum Corpus » de Thomas Byrd : https://soundcloud.com/ensemblezene/ave-verum-corpus-i-byrd .
MG