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15 Claude Carat WebClaude Carat, avec accentus pour Orphée et Eurydice 

Un choriste engagé et audacieux

 

Casqué de ses cheveux blancs comme d’un glorieux panache, Claude Carat relève tous les défis choraux possibles à travers la France. Il a ainsi été parmi les premiers à répondre présent au projet de concert choral sur Orphée et Eurydice d’accentus.

 

Avantchoeur.com : Qu’est-ce qui vous a attiré dans la proposition d’accentus de former un chœur amateur pour chanter avec eux l’Orphée et Eurydice ?
Claude Carat : Pour moi qui vis en province, participer à un projet parisien est toujours exceptionnel. De plus, j’avais déjà eu l’occasion de chanter le Requiem Allemand de Brahms avec huit ténors et basses d’accentus, sous la direction de Patrick Marco et je m’étais régalé. J’ai chanté entre deux ténors d’accentus et, bien que je sois choriste depuis l’âge de 15 ans, j’ai été subjugué par leur technique et leur phrasé, leur façon de poser la voix et de démarrer sur les consonnes pour faire sonner les voyelles. Cette expérience a généré en moi plein de questions et plein d’envies.

 

16 Choeur chantant avec Claude WebACC : Lesquelles, par exemple ?
CC : L’envie d’étudier la prononciation pour soigner mon phrasé et d’apprendre à démarrer moi aussi sur les consonnes en les anticipant. J’ai aussi appris à m’engager, c’est-à-dire à proposer au chef de chœur une interprétation qu’il peut accepter ou refuser, mais qui lui donne un choix. Trop de choristes chantent platement parce qu’ils ne comprennent pas que chanter consiste à jouer un rôle. Pour avoir compris cela, j’ai beaucoup progressé dans le chant choral au point que, lorsque j’ai participé au concert du Chœur du Mont-Blanc, le chef a dit à ses choristes : « Faites comme Claude! ». Du coup, je m’intéresse davantage aujourd’hui aux ensembles vocaux plutôt qu’aux grands chœurs. C’est en partie pour cela que j’ai voulu participer au projet d’accentus.

 

ACC : Comment cela s’est-il passé ?
CC : Quand j’ai eu connaissance du projet, j’ai tout de suite postulé. Il fallait s’enregistrer chantant deux airs, dont une pièce obligée et une pièce au choix. J’ai donc fait une petite vidéo dans laquelle je me suis enregistré chantant « Quel est l’audacieux ? », air obligé, et « Le parfum impérissable », de Gabriel Fauré. J’ai envoyé ma vidéo à Thomas Meugnot, responsable des relations avec les choristes dans le projet accentus, et celui-ci m’a tout de suite appelé.

 

17 claude et ténors WebACC : Qu’avez-vous retiré de cette communion avec accentus ?
CC : Tout le projet s’est avéré intéressant. Mais les meilleurs moments sont nés des répétitions que nous avons faites avec Marc Korovitch, le jeune chef du chœur O’Trente. Il nous a très bien dirigés et l’on a tout de suite senti qu’il était d’un très haut niveau. Par contre, même si le concert à la Philharmonie a été une grande expérience, nous avons été trop submergés par le talent des choristes d’accentus pour nous en féliciter.

 

ACC : Chantez-vous régulièrement dans un chœur ?
CC : Oui, je suis membre du chœur ConneXion, du conservatoire de l’Ecole de Seynod (74), dirigé par Blanche Latour. Dans le cadre du Conservatoire, elle dirigeait déjà un chœur d’enfants et un chœur d’adolescents. Elle a voulu créer la structure ConneXion pour avoir un chœur mixte de 25 choristes rassemblant des adultes et de grands adolescents. Par ailleurs, comme Mathieu Schweyer, notre pianiste accompagnateur, est aussi chef de l’ensemble vocal genevois Orphée, son chœur et le nôtre ont chanté ensemble le 25 mars 2015, au Grand Théâtre de Genève, le Gloria de Poulenc et la Symphonie des Psaumes, de Stravinsky, avec le Nouvel Orchestre de Genève. Cela a été aussi une belle expérience.
Propos recueillis par Michel Grinand