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Isabelle-Renault-seule-recadreeFlorilège Vocal de Tours 2014 - Bilan de la Présidente 

"Le palmarès de cette 43e édition chorale me plaît", déclare Isabelle Renault 

 

Dédiée au Concours International de choeurs d'enfants, de Jeunes et d'adultes, ainsi qu'au Grand Prix de la Ville de Tours, cette édition 2014 du Florilège Vocal a pasionné le public par sa qualité, sa diversité et ses rebondissements. La Présidente du Florilège: Isabelle Renault, nous livre ses impressions.    

 

Avant Chœur : Cette 43e édition du Florilège est aussi la quatrième que vous présidez. Quel bilan en tirez-vous ?
Isabelle Renault : Au niveau musical, cela aura été une très belle édition. Les chœurs avaient un très bon niveau et les programmes choraux étaient bien faits et variés. Le jury a su mettre en avant des chœurs qui ont innové et pris des risques. Enfin, l’affluence était bonne malgré ce long weekend de l’Ascension et le University of Utah Chamber Choir a pu créer une magnifique ambiance finale en faisant chanter l’Hymne à la Joie de Beethoven par le public pour clore le Florilège. Ce fut donc une édition satisfaisante.

 

AC : On regrettera cependant qu’aucun chœur français n’ait concouru. Pourquoi cette absence ?
IR : Je vous rappelle que les années paires comme 2014 sont réservées au Concours International et aux concours de chœurs de jeunes et d’enfants. Un chœur français peut participer au Concours International, mais il lui est plus facile de remporter le Concours national qui se tient les années impaires ou le Concours international d’une des cinq autres villes participant au Grand Prix Européen. Lors de ce concours, il sera confronté à des chœurs de grande qualité venus du monde entier. En 2015, le Grand Prix européen du chant choral se tiendra à Tours. On verra donc peut être un chœur français lors de cette compétition. Ensuite, pour les chœurs d’enfants, quelques chœurs français ont postulé, mais aucun n’a été retenu. La commission de sélection est sévère, mais il faut dire aussi que, après le regain pour le chant choral qu' a suscité le film «Les choristes », l'intérêt général pour le chant choral a baissé en France.

 

B-Bradford-dirigeant-avec-energieAC : Le palmarès vous a-t-il satisfaite ?
IR : Il me convient, même si je suis contrariée par le résultat du concours Renaissance. Le chœur Batavia Madrigal Singers nous a tellement fait vibrer que j’aurais aimé qu’il obtienne le premier prix. Mais cela s’est joué à une voix près. Je suis aussi très satisfaite d’avoir pu remettre, avec l’accord de mon trésorier, deux prix pour une œuvre de création. Il est important de favoriser la composition contemporaine. Pour les autres prix, le remplacement du principe de l’élimination et de la finale par un jugement global a joué sur les résultats. Ainsi, celui du Grand Prix de la Ville de Tours aurait été différent s’il avait été attribué le samedi soir. Mais le dimanche, tout était remis à plat. Le Coro Giovanile Italiano a été excellent, mais je pense qu’il a fait l’erreur de reprendre la pièce « Leonardo », d’Eric Whitacre, qu’il avait interprétée la veille. Le Batavia Madrigal Singers a un peu déçu par son manque de recours au folklore et le Samford University Capella Choir n’a pas assez varié son programme. Enfin, le chœur lettonien Emila Darzina Jauktais Koris a trouvé plus fort que lui avec le University of Utah Chamber Choir, lequel a proposé un programme plus recherché et plus risqué. Les grands perdants sont en définitive le Batavia Madrigal Singers et l’Emila Darzina Jauktais Koris.

 

AC : Le concours est réservé aux chœurs amateurs. Les choristes boursiers américains, les Indonésiens financés par leur gouvernement ou les deux chefs de chœur italiens sont-ils dans le règlement ?
IR : Nous tenons à garder le caractère amateur du Florilège, afin qu’il ne devienne pas un festival choral comme les autres. C’est pourquoi nous vérifions les âges et la profession des choristes. Mais il est vrai que, tout en étant étudiants, les Indonésiens sont souvent sponsorisés dans leur voyage par leur gouvernement qui se sert d’eux comme d’ambassadeurs culturels. Le seul avantage qu’ils en ont retiré a été d’avoir un jour de répétition en plus. Aux Etats-Unis où les études coûtent cher, presque tous les étudiants sont boursiers. Cela ne me choque donc pas car ils demeurent des amateurs implicites. Et quant aux deux chefs du Coro Giovanile Italiano, rien ne l’interdit dans le règlement. Il n’est d’ailleurs pas sûr que, pour les choristes, il soit plus facile de chanter avec deux chefs différents. C’est une difficulté supplémentaire.

 

Isabelle-Renault-et-Loic-PierreAC : Le Florilège a débuté par l’étonnant concert du chœur Mikrokosmos, de Loïc Pierre, avec Meredith Monk. Qu’en avez-vous pensé ?
IR : J’ai trouvé que Loïc Pierre avait eu une bonne idée de faire connaître ce compositeur. Il s’agit d’un concert d’avant le Florilège, ce qui autorise des hardiesses. Cela reste aussi du chant choral, avec ses difficultés de justesse, de rythme et de hauteur. La voix y est traitée dans tous ses états et l’on peut apprécier l’évolution du chant. Meredith Monk inspire de plus en plus de jeunes chanteurs, comme Camille, en France.

 

AC : Vainqueur du Grand Prix de Tours, le University of Utah Chamber Choir reviendra donc à Tours en 2015 ?
IR : Oui, il défendra les couleurs de Tours pour l’attribution du Grand Prix Européen du Chant choral qui se tiendra le 30 mai 2015. Le règlement de ce concours est très particulier, avec des périodes musicales imposées. Il sera disponible dès juillet 2014 sur notre site. Je suis sûre que ce sera encore une compétition de très haut niveau, réalisée dans une ambiance extraordinaire.
Propos recueillis par Michel Grinand