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1 CNJ et Filippo de profilFlorilège Vocal de Tours 2016

La French Touch triomphe dans le Grand Prix et les Concours Renaissance et International

 

Pour une première participation française au Concours International du Florilège Vocal de Tours, les chœurs français Voca Mundi et Chœur National des Jeunes ont fait main basse sur les principaux Prix du Concours en appliquant une stratégie mêlant l’audace, la fantaisie et même l’insolence à l’académisme d’une tradition chorale classique élégante et de qualité.

 

2 Filippo reçoit le Grand Prix de ToursWebDomination française à tous les niveaux de Tours. Depuis le temps que le public de Tours attendait que des chœurs français participent au Concours International du Florilège Vocal de Tours, il a été gâté. Le Chœur National des Jeunes (CNJ) a remporté le Grand Prix de la Ville de Tours, le 1er Prix du Concours International, le Prix de la Direction chorale Arthur Oldham et le Prix du Ministère de la Culture et de la Communication pour son interprétation du « Gnome », œuvre du compositeur imposé Bruno Régnier. Le CNJ participera donc au prestigieux Grand Prix Européen de Chant choral qui se tiendra en octobre 2017 à Tolosa, en Espagne. De son côté, le tout jeune ensemble vocal lyonnais Voca Mundi, que dirigent conjointement Marc Flandre et Clément Brun, a mis en valeur l’insolence de ses différences et de ses qualités pour s’attribuer le 1er Prix du Concours Renaissance et le Prix du Public du Concours International, épinglant de plus à son palmarès le 2e Prix du Concours international dans la catégorie Ensembles vocaux mixtes. Le chœur irlandais New Dublin Voices, pourtant donné comme favori, a dû se contenter de la seconde place tant dans le Concours Renaissance que dans le Concours International. Mais il s'est aussi attribué le Prix pour une œuvre de création avec la pièce « In te, Christe », du compositeur irlandais Sean Doherty. Les chœurs suédois Oscar Motteskör et Korallerna payèrent le premier son trop grand classicisme et le second sa trop grande audace vocale et durent se contenter d’un troisième et d’un deuxième Prix.

 

14 Les 9 chefs et le présidentWebUn 45e Florilège exemplaire

 

Une édition au succès incontestable. Réalisée dans la difficulté - on se souvient que le Florilège a renoncé au Concours national et a demandé la participation du public pour financer la venue de l’octuor The Gentlemen Singers pour animer la fête- cette 45e édition du Florilège Vocal de Tours a pourtant comblé le public comme rarement auparavant. La confrontation entre les chœurs français et les chœurs étrangers a non seulement poussé les concurrents à se dépasser, mais a permis au public de saisir les différences entre les uns et les autres. Aujourd’hui où le chant choral français peine à trouver son public, cette comparaison nous paraît salutaire et exemplaire pour les prochaines éditions du Florilège. Que ses organisateurs délaissent le concours national et se concentrent sur la sélection sur dossier des meilleurs chœurs amateurs français pour qu’ils concourent à l’échelle internationale contribuera certainement au succès du Florilège.

 

Capella Odak1 WebLe bonheur est dans la diversité. Une autre heureuse initiative à mettre au crédit de cette édition est la cohabitation des styles et des genres qui font la musique chorale actuelle. Entre le classicisme du chœur New Dublin Voices, l’extravagance de Korallerna et le génie de Voca Mundi et du Chœur National des Jeunes à concilier les deux, le public a retrouvé des satisfactions jusque-là oubliées : du spectacle, de la passion et des émotions fortes. Il n’y a qu’à voir l’impatience avec laquelle le public s’est présenté au Grand Théâtre de Tours pour assister au concert de gala qui clôturait le Concours pour admettre que cette diversité chorale devrait devenir une règle du Florilège. Avec Korallerna, le Concours a accepté ce qui semble bien être la conjonction du chant choral et du Jeu Vocal, du chant traditionnel et du chant moderne. Certes, Korallerna n’a pas été récompensé pour sa différence, mais cela tient autant à l’offre concurrente française qu’aux imperfections ou aux outrances du chœur suédois. Bientôt, le Florilège sera bien inspiré d’accepter dans sa compétition des chœurs de Musiques Actuelles ou de « Rap », si tant est qu’il en existe. Comme en témoignait Jasenka Ostovic, chef du chœur croate Cappella Odak : « L’important est de montrer à quoi ressemble la musique chorale contemporaine ». C’est, nous semble-t-il, un gage de renouvellement et de coïncidence avec les goûts du grand public. Et peu importe que l’académisme en souffre, il y aura toujours un Chœur National des Jeunes pour faire une élégante et habile synthèse. MG

Chance, rigueur et fantaisie. Rien ne semblait présager un tel succès des chœurs français lors de cette 45e édition du Florilège vocal de Tours, qui s’est déroulée du 27 au 29 mai, au Grand Théâtre de Tours. Depuis sa création, le Concours International constatait peu de participation de chœurs français à la compétition. Une opportunité de participation et l’absence de Concours national dans cette édition ont donné au Chœur National des Jeunes sa chance d’exhiber ses qualités chorales sur ses terres et au tout jeune ensemble lyonnais Voca Mundi, créé en 2013, l’opportunité de participer avec succès à cette glorieuse entrée en lice. Mais ce n’est pas par chance que les deux chœurs passèrent brillamment l’épreuve du programme imposé. Le CNJ est un chœur composé de jeunes musiciens visant à devenir de futurs chefs de chœur et il a déjà remporté le Grand Prix de la Ville d’Arezzo (Italie) en 2007 et le Concours de Marktoberdorf (Allemagne) en 2013. Sa qualité musicale est indéniable. De son côté, Voca Mundi s’est toujours imposé de chanter sans partition et l’on ne dira jamais assez comme la mémorisation des partitions est un gage de qualité tant dans l’expression chorale que dans l’homogénéité du chœur, puisque les choristes ne s’en écoutent que davantage. Leur rigueur étant avérée, les deux chœurs français purent donner libre cours à leur fantaisie et leur engagement dans les épreuves suivantes.

 

4 Voca Mundi chant espagnolWebUne Renaissance revisitée. C’est l’ensemble Voca Mundi qui déploya le premier son génie choral avec le Concours Renaissance, le samedi 28 mai après-midi. Là où ses concurrents : les chœurs Cappella Odak (Croatie), Absolute Vocem (Portugal) et même le New Dublin Voices (Irlande) ou l’Oscar Mottetskör (Suède) restèrent académiques et posés, ne faisant assaut que de qualité vocale, Voca Mundi mit de la vie dans ses pièces chorales. La liberté de mouvement de ses choristes, leurs vêtements bariolés et les directions inspirée de Clément Brun et théâtralisée de Marc Flandre semblèrent ramener l’auditoire au 16e siècle, époque où la vie était trop courte pour n’être pas intensément et joyeusement vécue. Le clou de cette prestation fut un chœur traditionnel pour voix d’hommes, que les basses et les ténors, chefs de chœur compris, entonnèrent face au public. Ressurgi de la Renaissance espagnole et mêlant des battements des mains et des pieds à une mélodie dansante, cet air pour soliste et chœur rappela au public comme la Renaissance musicale s’est vécue autant dans les campagnes que dans les châteaux et les églises. Cette vérité simple fit frissonner d’aise l’auditoire et valut à Voca Mundi de remporter le 1er Prix et, déjà, de prendre une option sur le Prix du Public.

 

5 Le CNJ chantant depuis la salle WebUn programme ivre de libertés. Le soir du samedi 28 mai fut consacré au Programme Libre du Concours International, une liberté que les chœurs français prirent au pied de la lettre. Démarrant avec les mini-pièces oniriques « Animal Crackers », d’Eric Whitacre, qui met en scène des animaux en biscuits avec les effets qu’on imagine, le Chœur National des Jeunes quitta soudain la scène pour se disperser dans la salle, à la grande surprise du public. Certains d’entre eux portant une coupe d’eau à la main, les jeunes choristes entourèrent le public et c’est face à ce même public que leur chef : Filippo Maria Bressan, les dirigea dans « Audi Filia », de Giovanni Bonato. D’une direction souple, sinueuse et précise, il conduisit le CNJ dans une pièce envoutante au-dessus de laquelle venait planer les sons filés des verres que les choristes faisaient chanter d’un doigt mouillé. Cois, les spectateurs semblaient pris d’extase. Ils ne se réveillèrent que pour découvrir, le chœur une fois revenu sur scène, une pièce inconnue pour nombre d’entre eux : « Le Cantique des Colonnes », de Jean Françaix, l’un de ces compositeurs hexagonaux que la dictature du sérialisme avait condamnés au silence sur leurs terres. La découverte de ce chant choral mélodieux et subtil fut une surprise supplémentaire qui paracheva l’impact du CNJ sur la compétition. Ajoutons que le fait que Filippo Maria Bressan ait dirigé son chœur face au public contribua certainement à lui valoir le Prix de direction de chœur Arthur Oldham.

 

6bis New Dublin Voices entierWebBataille de style. Face à cette prise de pouvoir par le chœur français, il fallut tout le talent du chœur New Dublin Voices, dirigé par Bernie Sherlock, pour s’attribuer le second Prix dans la catégorie Chœurs mixtes. C’est d’ailleurs sur ses qualités vocales qu’il avait fondé sa stratégie et il interpréta avec talent un programme difficile et riche avec « Toooo », de Bruno Régnier, « Venite, Gaudete », d’Adrian Peacock, « Alleluia, Christus resurrexit », de Colin Mawby, et « Sigh-Fie », extrait du Livre 1 de The Food of Love, de Gary Carpenter. Avec un savoir-faire choral indéniable et des airs à la fois modernes et mélodieux, le chœur irlandais se mit ainsi à l’abri d’une possible concurrence de la part des chœurs Oscars Mottetkör, Cappella Odak (Croatie), Cosmic Voices (Bulgarie), Absolute Vocem et Ostrava (République Tchèque), tous également concentrés sur le respect du style choral. Mais par rapport à la libre interprétation du CNJ, son programme apparut un peu hétéroclite et son interprétation trop sage, en particulier pour « Sigh-Fie ». Cet air, qui racontait une dispute amoureuse entre filles et garçons, aurait gagné à être plus animé et la querelle davantage scénarisée.

 

7 Korallerna mains en hautLe double visage des Suédoises. L’hégémonie du Chœur National des Jeunes aurait semblé acquise si deux chœurs ne l’avaient menacée : le chœur féminin suédois Korallerna et l’inattendu Voca Mundi. Tous deux jouèrent d’ailleurs leur va-tout dès ce programme libre, dévoilant leurs meilleurs pièces. Débutant sur « Les Champs de Lumière » (Ljustfälten), de la compositrice suédoise Karin Rehnqvist, une polyphonie incantatoire qui s’acheva sur un final fortissimo percé d’un mystérieux suraigu, Korallerna déploya un voile nordique sur le Florilège. Même l’Ave Maria, de Poulenc, et le « Tota Pulchra es », de Duruflé, semblèrent se teinter d’un doux exotisme septentrional. Que dire, alors, de « Loft mig kun bort » (Soulevez-moi jusqu’au loin), de Per Norgard, dont les superbes nuances se ponctuèrent de trilles, avant qu’un chant aigu développe un contrechant aux sons graves de la mélodie. Tout cela fascinait et le public croyait avoir tout entendu de la différence des compositions scandinaves avec la musique française quand, sur un simple geste de la chef de chœur Linda Alexandersson, les jeunes femmes arrachèrent leur écharpe rouge.

 

8 Korallerna avant fin AgleptaWebDu chant primal au chant choral. Jetant violemment le tissu à leurs pieds, où il fit comme une tâche sanglante, les choristes suédoises plongèrent leurs doigts dans leurs chevelures luxuriantes pour en faire des tignasses hirsutes. Penchées en avant, le regard farouche et les poings serrés au bout de leurs bras ballants, elles entamèrent « Aglepta », d’Arne Mellnâs, une danse sauvage et primale semblant venue du fond des âges et dans laquelle le chant se faisait cris et incantations gutturales. Effaré, le public ne savait plus s’il avait devant lui un chœur de jeunes filles ou une sarabande de harpies. Mais peu à peu, le vacarme vocal se stabilisa, se rassembla en chœur et se disciplina pour finir en un hymne moderne, mais harmonieux. Le chant choral avait civilisé les sauvageonnes et c’est avec soulagement que le public et le jury retrouvèrent devant eux les visages souriants des blondes jeunes filles. Ils venaient sans doute d’assister à la rencontre du chant choral et du Jeu Vocal, cette polyphonie improvisée dont, ironie du sort, le Français Guy Reibel est à l’origine et dont il a instauré l’absence de règles depuis quarante ans. Les Scandinaves en sont les plus fervents adeptes. Quoiqu’il en soit, le public commenta longuement ce chant choral apparemment venu d’ailleurs. Le jury, lui, resta sur son quant-à-soi en n’attribuant à Korallerna qu’un sévère Second Prix dans la catégorie Chœurs à Voix égales.

 

9 Cosmic VoicesWebLa voix du monde. Il est cependant heureux pour Voca Mundi qu’il ne soit pas revenu sur scène juste après ce formidable déploiement d’énergie. C’est le naïf et joli chœur traditionnel bulgare des Cosmic Voices qui, de ses voix vibrantes produites depuis la gorge, eut la tâche de rétablir la sérénité d’un chant choral classique. Il le fit sans s’émouvoir, avec grâce et assurance, ce qui lui valut d’obtenir un Troisième Prix dans la catégorie des chœurs à voix égales. Cependant, c’est bien Voca Mundi que le public attendait et il ne fut pas déçu. Toujours soudé et plein de confiance malgré ses mains vides de toute partition, le chœur lyonnais entama le 3e volet de sa participation au Florilège avec un aplomb sans faille. Sa polyphonie inspirée et convaincue illumina les trois premières pièces qu’il interpréta sur un mezzoforte digne des professionnels : « O vos omnes », de Blake Henson ; « Eco », de Manuel Otra i Ferrer et « Ubi Caritas », d’Ola Gjeilo. Puis le chœur présenta « Brusel sous le smog », une composition de son choriste Louis Rodet Abel écrite spécifiquement pour le Florilège. Suivant une mise en scène soignée et accompagnée au piano par le compositeur, Voca Mundi et ses deux chefs de chœur évoquèrent, dans une polyphonie poétique et mélancolique, l’impact de la modernité et de ses contradictions économiques et environnementales sur la vie en société. Fasciné, le public salua la prestation par une ovation qui fit trembler à juste titre les concurrents du chœur lyonnais, puisque seul le Chœur National des Jeunes parvint à le devancer. De ce fait, Voca Mundi remporta brillamment le 2e Prix du Concours International dans la catégorie Ensembles vocaux mixtes.

 

10 Voca Mundi en bouleWebDernière joute chorale. Restait pour le jury à attribuer le Grand Prix de la Ville de Tours. Découlant du concours international, ce Prix n’est accessible qu’aux meilleurs chœurs du Concours et seuls le Chœur National des Jeunes, New Dublin Voices, Korallerna et Voca Mundi avaient été autorisés à y participer, le dimanche 29 mai après-midi. Les compteurs ayant été « remis à zéro », les quatre chœurs s’investirent à fond dans cette nouvelle épreuve. Mais les différentes phases de la compétition avaient usé les métabolismes. Au milieu d’un superbe programme contemporain regroupant de belles pièces contemporaines, dont un « Ave Maria », de Vytautas Miskinis, beau à donner le frisson, le chœur New Dublin Voices ne put maîtriser son français approximatif dans le Madrigal de Fauré. Il ne sut pas, non plus, sortir de sa posture figée et laissa filer à nouveau sa chance. Le chœur Voca Mundi, lui, tint bon durant un magnifique « Calme des nuits », de Saint-Saëns, et un superbe « Shenandoah » chanté sans chef, mais vit ses voix faiblir dans un air sacré. Enfin, sa reprise de « Brusel sous le Smog », si elle confirma sa qualité théâtrale, ne lui apporta pas de points supplémentaires.

 

11 Korallerna primalesWebKorallerna n’a pas tremblé. Même chose pour le chœur suédois Korallerna. Après des pièces tout en douceur dont, faute de répertoire nouveau, le « Tota Pulchra es », de Duruflé, les jeunes Suédoises rejouèrent le pandémonium d’Aglepta. L’air fit le même effet sur le public que la première fois et eut le même impact sur le jury, lequel attendait sans doute plus de retenue dans l’expression. A leur décharge, les jurés notent les chœurs sur la coïncidence entre la partition et le chant. Si de l’improvisation se glisse entre les notes, il leur devient difficile de distinguer le génie de l’erreur. Chanter un « Aglepta » plus tempéré eût apporté plus de points aux jeunes choristes suédoises, mais elles auraient alors sans doute trahi la pensée du compositeur. Restait la solution d’une œuvre moins radicale. Mais, soit que le chœur n’en disposait pas, soit que la chef Linda Alexandersson préférât marquer les esprits, les jeunes Suédoises allèrent au bout de leur programme et de leurs convictions. C’est bien ce que l’on retiendra d’elles.

 

12 CNJ dos à FilippoWebLe CNJ en chœur « pro ». Autant d’écueils que le Chœur National des Jeunes évita avec soin et non sans élégance et subtilité. D’une part, pour avoir éludé le Concours Renaissance, il comptait une épreuve de moins, ainsi que la fatigue qui en découle, que Voca Mundi. D’autre part, à la différence de Korallerna, il disposait d’une autre pièce spectaculaire dont il sut tirer le meilleur profit. Alors qu’un groupe de jeunes filles se prostrait aux pieds du chef de chœur, le chœur tourna résolument le dos à celui-ci et, comme endormi, entonna seul un air en bourdon. Les mains dans les poches, Filippo Maria Bressan sembla attendre que son chœur se réveille, ce qui se fit à travers un échange de phrases mélodiques entre les jeunes filles et le chœur. Puis, les choristes se retournant peu à peu, le chœur enfla jusqu’à la violence vocale et un fortissimo que Filippo Maria Bressan disciplina pour un superbe final.

 

13 CNJ agressifWebExcellence française. Ajoutant à cela un très beau « Adoramus te », de Monteverdi, un merveilleux « Ich bin der Welt abhanden gekommen », de Mahler arrangé

par Clytus Gottwald, beau à pleurer d’émotion et un superbe « Leonardo dream of his flying Machine », d’Eric Whitacre, le Chœur National des Jeunes fit véritablement un sans-faute. Son Grand Prix de la Ville de Tours fut amplement mérité et il fera un magnifique représentant du chant choral amateur français au Grand Prix Européen de chant choral qui se tiendra à Tolosa, en octobre 2017. « Mission accomplie, pouvait se féliciter Thierry Thiébaut, manager du CNJ. Nous avons remporté tous les Prix que nous visions ». Et Jacques Barbier, Président de l’association A Cœur Joie France, concluait : « Félicitations à tous les choristes du CNJ, Le Chœur, et à leur chef devant le travail accompli, la hardiesse du répertoire, la prise de risque artistique et leur engagement total dans ce concours. Le Chœur National des Jeunes A Cœur Joie s’impose désormais comme un des grands chœurs de jeunes européens ».
Michel Grinand

 

 

16 Cappella Odak2 gros planWeb"L'important est de faire de la musique ensemble"

 

Concourir pour la bonne cause. C’est à la fatigue due au voyage et aux conditions du Concours que Jasenka Ostojic, chef du chœur croate Capella Odak, attribue l’échec de son chœur. Pour autant, elle ne regrette pas sa participation : « Le Concours du Florilège vocal de Tours est très strict, d’un haut niveau choral et très exigeant, rapporte-t-elle. La durée des pièces est un facteur important : cela oblige les compositeurs et les chefs de chœur à renouveler leurs œuvres. Nous avons ainsi commandé des pièces chorales spécialement pour le Florilège. Mais je ne pensais pas que nous pourrions gagner. La compétition, c’est bien car cela nous donne la possibilité d’offrir au public le meilleur de nous-même. Mais gagner le concours n’est pas le plus important : ce qui compte, c’est d’abord de montrer au public à quoi ressemble le chant choral contemporain. Ensuite, c’est de lui apporter de la belle musique et de la partager avec lui ». Si le Florilège vocal de Tours avait dû décerner un Prix du Fair Play, c’est sans doute à Jasenka Ostojic qu’il l’aurait attribué.  MG