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1 Choeur Vittoria Requiem Duruflé avec Enrique Mazzola et Stéphanie dOustrac en janvier 2015 WebJournée « Tous à l’opéra » de Massy, le 8 mai 2016

Le chœur Vittoria chante le Requiem de Maurice Duruflé et le Psaume 132 de Martial Caillebotte

 

Pour la journée « Tous à l’opéra » du 8 mai 2016, l’Opéra de Massy a reçu le Chœur Vittoria d’Île de France pour un concert sur le Requiem de Maurice Duruflé et sur le Psaume 132, de Martial Caillebotte, le frère musicien du peintre impressionniste et dont Michel Piquemal a récemment exhumé les œuvres.

 

2 Michel Piquemal WebDe Martial à Maurice. Dimanche 8 mai 2016, les portes étaient ouvertes à l’Opéra de Massy (91), à l’initiative de la journée « Tous à l’opéra ! ». Entre visites et animations gratuites, le chœur régional Vittoria d’île –de-France et l’orchestre d’étudiants du Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Paris y ont présenté en concert gratuit deux œuvres sacrées chères à Michel Piquemal, leur directeur artistique, chef de chœur et d’orchestre attitré : le Requiem, de Maurice Duruflé et le Psaume 132, de Martial Caillebotte. Le programme du concert, donné en fin d’après-midi dans la grande salle de l’Opéra, était donc très attractif. En ouverture du Requiem de Maurice Duruflé, chef d’œuvre notoire du XXè siècle, le chœur Vittoria et l’orchestre d’étudiants du CRR ont donc présenté une quasi-découverte pour le public : le psaume 132 « Ecce Quam Bonum » d’un certain Martial Caillebotte - non pas le peintre Gustave, mais le plus jeune de ses trois frères et demi-frères.

 

3 Disque Caillebotte Dies IraePsaume 132WebEloge de la fraternité. Compositeur discret, Martial Caillebotte (1853-1910) n’en composa pas moins de 1875 à 1906, dont ce Psaume 132 dédié à son demi-frère Alfred Caillebotte (1834-1896), curé de la paroisse Notre-Dame de Lorette, à Paris. C’est d’ailleurs là qu’eut lieu la création publique de l’œuvre, le 20 décembre 1886. Mais entre la notoriété de Gustave et le peu d’exécutions de ses œuvres, Martial plongea rapidement dans l’oubli d’où le sort depuis 2012 Michel Piquemal. Avec son cœur Vittoria, celui-ci lui a consacré deux disques. Edité en 2012, le premier est dédié à « La Messe solennelle de Pâques ». Le second, paru en 2014 aux Editions Hortus 117, comprend un « Dies Irae », partie sublime d’un Requiem jamais achevé, « Une Journée », sorte de poème musical pour chœur et orchestre et enfin le Psaume 132. Le public, connaisseur ou néophyte, a donc pu satisfaire sa curiosité en se laissant emporter par les voix expérimentées des 50 choristes, accompagnées par l’orchestre - cordes, bois et orgue – tout l’ensemble sous la direction de Boris Mychajliszyn, chef associé du Chœur Vittoria fondé voici bientôt 30 ans par Michel Piquemal. Ce psaume exalte le bonheur et la joie de la fraternité, peut-être en écho à l’union fraternelle entre Martial, Alfred et Gustave Caillebotte, le quatrième frère : René, étant décédé en 1876. La voix chaude et souple de la mezzo-soprano Ayako Yukawa, a su captiver l’auditoire et faire de cette pièce une belle ouverture pour ce concert. La suite fut à la hauteur, tant musicale que spirituelle, de cette intense introduction.

 

4 m durufle WebUn message d’espérance. Le Requiem, pièce maîtresse de Maurice Duruflé, est une œuvre phare souvent inscrite au programme de nombreux chœurs, au point d’ailleurs de concurrencer fortement celui de Gabriel Fauré. Sa réputation n’est donc plus à faire, et c’est une forte sensation que d’en être le témoin en concert, dans une version avec orchestre et orgue. Composé sur les thèmes grégoriens de la messe des morts, traités de façon assez moderne, ce Requiem n’est jamais tragique mais fait plutôt entendre un message très humain d’apaisement et d’espérance. Le Pie Jesu, centre affectif de l’œuvre, a su apporter, par la voix de la soliste, l’émotion et la consolation qui imprègnent toute cette musique. Toutes les parties enchainées se répondent et font perdre la notion précise du temps dans une longue méditation sur la condition humaine et la mort. Il en fut ainsi jusqu’au dernier accord suspendu du « In paradisum », lequel fut suivi d’un grand silence, avant que les applaudissements ne viennent libérer l’émotion de l’auditoire et saluer la qualité musicale fervente des musiciens choristes et instrumentistes.
Daniel Piacere