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JP-Sarcos-dirigeant-et-Charlotte-Mercier-chantantAcadémie de Musique de Paris 

Romantisme en diable avec Berlioz et Rossini 

 

L’Académie de musique de Paris et son directeur musical : Jean-Philippe Sarcos, aiment les œuvres fortes. Après Carmina Burana, le Requiem de Verdi et le spectacle « Tous à l’Opéra », les 300 musiciens et choristes ont interprété avec passion deux œuvres charnières du romantisme. « Guillaume Tell », dernier opéra de Gioacchino Rossini, et la Symphonie Fantastique, première œuvre majeure d’Hector Berlioz, sont toutes deux nées en 1830. Mais tandis que l’opéra traite de la passion de la liberté, la symphonie évoque la liberté de la passion. Dans l’arène rouge du Cirque d’Hiver Bouglione, les chœurs et les instrumentistes se sont répondus avec fougue et talent. Guidées avec chaleur de la main et de l’exemple par Jean-Philippe Sarcos, les jeunes voix des choristes émouvaient par leur fraîcheur et leur engagement. Avec régularité, le solo de la jeune mezzo-soprano Charlotte Mercier ajoutait sa plénitude aux stances libertaires de l’opéra. L’orchestre, lui, brillait de toute sa fougue pour porter le mystère et le drame au cœur de la symphonie. Les contrastes sonores entre les ambiances : la rêverie, le bal, le duel champêtre, puis la marche au supplice et enfin le sabbat des sorcières, étaient magistralement théâtralisés par le chef d’orchestre qui confiait les émois de l’âme du compositeur à des violons pathétiques, la malignité des hommes aux vents et la destinée aux virulentes percussions, dont les glaçantes cloches du glas. Des éclairages rouges, bleus, blancs ou feu accentuaient encore la dramaturgie des ambiances sonores. L’ensemble contribuait à permettre à l’Académie de réussir sa vocation : promouvoir l’art choral auprès des jeunes en leur donnant accès à de grandes œuvres du répertoire (voir encadré ci-dessous) et la musique classique à un public toujours plus important et plus fidèle. Une seconde soirée étant prévue pour le mercredi 4 juin, à 21h00, toujours au Cirque d’Hiver Bouglione, les spectateurs avertis ne manqueront pas ce rendez-vous avec les passions humaines.
Michel Grinand