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Grands Motets de Bach

Accentus transcende la foi chrétienne

Accentus-web2Au Théâtre des Hauts de Seine à Puteaux, le 20 mars 2011, Accentus et le Concerto Köln ont donné une leçon de ferveur chorale avec les Grands Motets de Jean-Sébastien Bach.  

 

Laurence Equilbey croit-elle en Dieu ?En tous les cas, le programme qu’elle avait choisi de présenter, le 20 mars 2011, au Théâtre des Hauts de Seine, à Puteaux, à savoir les Motets de Jean-Sébastien Bach tisse la trame minutieuse d’un cheminement spirituel à travers les vicissitudes de la vie jusqu'à l'entrée au Paradis des croyants. Depuis l’appel au réveil de la ferveur (Lieber Herr Gott, wecke uns auf) jusqu’au don aveugle de soi ("Nun lob mein Seel, den Herren"), après être passé par des phases successives d’euphorie religieuse ("Jesu, meine Freunde", BWV 227 ou "O Jesu Christ, mein Lebens Licht", BWV 118), puis d’abandon total ("Komm, Jesu, komm", BWV 229), c’est tout le parcours d’une vie en quête d'amour divin pour le Christ qui s’impose à l’auditeur. Le doute et l'inquiétude ne sont pas cependant pas éludés et c'est tout le talent du Chœur Accentus et du Concerto Köln, tous deux dirigés par Laurence Equilbey, de faire ressentir à l'auditoire les états d'âme qui traversent l'esprit du compositeur et des auteurs de ces motets. A l'écoute l'un de l'autre, le chœur et l'ensemble instrumental développent avec clarté, connivence, précision et douceur cette vie de piété. Les voix d'Accentus sont belles et, sans forcer, transmettent leur message d'humanité à l'auditoire. Le Concerto Köln est subtil et même les éclats de trompette qu'on attendait au Motet "O Jesu Christ, main Lebens Licht" sonnent avec tendresse à travers l'usage idéal de deux cornets à bouquin. Il n'y a pas de colère, ni de rancœur dans les épisodes de cette vie d'amour chrétien, seulement de la confiance, une inébranlable certitude et du bonheur. Vêtue de son habituel long frac noir, Laurence Equilbey dirige d’une battue souple, expressive et délicate à la fois le chœur et l’orchestre. Le public est conduit par la main, sans hâte et avec douceur vers l'absolu et les certitudes de la foi vivante. En guise d'apothéose, l'Allelujah de Buxtehude, donné en supplément en fin de concert, a apporté sa gaité naïve à ce concert lyrique empreint de solennité et de gravité.

MG