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Olivier-Bardot-dirigeant-le-choeur« Singing Overseas », par le Chœur Stella Maris

Embarquement pour une migration transatlantique

 

Avec les chœurs des compositeurs anglais et américains du 20ème siècle réunis dans son concert « Singing Overseas » du 27 janvier dernier, à Paris, le Chœur Stella Maris a mis en lumière la vitalité du Nouveau Monde et son apport au chant choral anglo-saxon. Le chœur présentera à nouveau « Singing Overseas » le 24 mars au Festival 10 de Chœurs.

 

L’espoir du Far West. C’est à un voyage d’un monde ancien et désabusé vers un monde neuf et joyeux que le Chef de chœur Olivier Bardot et son chœur Stella Maris conviaient le public de l’Eglise Sainte-Croix des Arméniens (Paris 3e), le 27 janvier dernier. Leur concert « Singing Overseas », consacré aux polyphonies anglaises et nord-américaines, sonnait comme un comparatif musical et culturel. Du côté britannique, la mélancolie et le désespoir pesaient sur les airs de Ralph Vaughan Williams (« Come away, Death » ou « Rest »), de Gustav Holst (« I love my love »), et d’Edward Elgar (« Love’s tempest »). Du côté américain, les « Réincarnations » et les vastes plaines heureuses (« Sure on this shining Night ») de Samuel Barber, ainsi que la nature vigoureuse d’Eric Whitacre (« Water Night », « Little Birds ») ou d’Aaron Copland (« The little Horses », « I bought me a cat ») emportaient l’imagination vers d’heureux rivages. Entre les deux, la traversée océanique volontaire de Benjamin Britten, qui revint dans l’Angleterre martyrisée par la guerre 39-45, témoignait qu’à l’ouest de l’Atlantique, il y avait du nouveau : l’Amérique était entrée en guerre pour sauver le monde. Composé en mer, son « Hymne à Sainte-Cécile » résonne comme un chant d’espoir et d’affirmation des valeurs britanniques face à la menace ennemie.

 

Choeur-Stella-Maris-chantantHomogénéité et beauté des voix. Sur un tel programme, les voix jeunes et pures du chœur Stella Maris se montraient émouvantes dans les mélodies tristes des Britanniques, rieuses dans les chansons populaires et inspirées dans les polyphonies américaines modernes. Avec leurs timbres aériens, les sopranes livraient ainsi un « Water Night » (Eric Whitacre) d’une pureté magnifique. Les autres pupitres n’étaient pas en reste avec des basses judicieusement graves, des ténors aux voix claires et des altos aux couleurs vocales chatoyantes. Depuis leur rang, les solistes, dont un très élégant haute-contre, se montraient assurés et passionnants, démontrant eux aussi la pertinence artistique du chef de chœur dans le choix des choristes : « Je conçois mon chœur comme un orchestre pour répondre à certaines conceptions et interprétations musicales, expliquait plus tard Olivier Bardot. Je veux aussi qu’il soit homogène dans les masses sonores, ce qui m’amène à choisir les voix en conséquence. Enfin, j’insiste dès le déchiffrage sur la lisibilité des intentions musicales en recherchant une homogénéité dans la prononciation des consonnes et dans l’accompagnement des phrases ». Le concert s’avéra donc un moment de bonheur musical et ce sera un plaisir de le réentendre à l’occasion du Festival 10 de Chœurs, à Paris, le 24 mars 2015. Ce sera assurément l’un des grands moments du festival.

Michel Grinand