AvantChœur.com

Le magazine en ligne du chant choral

Marie-Chantal-Juglar modifié-1Erda accentus

Le bras séculier du Chœur accentus

 

Le chœur accentus prend l’initiative de renouveler son public avec des auditeurs nouveaux et plus jeunes en s’appuyant sur son association Erda accentus qui organise de façon innovante la promotion du chœur, mais aussi de l’orchestre Insula Orchestra, du Chœur de Jeunes de Paris et de son réseau européen Tenso, dédié à la création chorale contemporaine.

 

Soixante-et-un ans. Tel serait l’âge moyen du public français de la musique classique et chorale. Un constat inquiétant qui a poussé Laurence Equilbey, chef du chœur accentus, à créer l’association Education Recherche Développement Artistique / accentus (Erda accentus) afin que celle-ci promeuve les différents ensembles musicaux qu’elle a créés. Ce sont respectivement le chœur accentus et son répertoire choral exigeant ; l’Insula Orchestra, orienté sur l’époque baroque avec ses instruments d’époque ; le Jeune Chœur de Paris, qui œuvre à la formation de chanteurs professionnels et de chefs de chœur et, enfin, le réseau européen Tenso, qui se consacre à la promotion de la création contemporaine en matière de musique chorale. Pour attirer vers ces phalanges un public nouveau et jeune, sinon totalement néophyte, la tâche est donc aussi ardue qu’immense et il ne fallait pas moins que le patronage d’Erda, la déesse nordique de la Terre, pour aider Erda accentus dans sa mission. L’équipe d'Olivier Leymarie, administrateur général d'Erda accentus, privilégie deux grands axes pour toucher le public le plus large possible.

 

Accentus-web2Flash-Mobs et transversalité des arts. Destiné à un auditoire déjà averti, le premier axe se traduit par le développement d’actions participatives qui voient le chœur réunir ses supporters lors de manifestations de rues (Flash-Mobs) ou faire chanter le public avec lui depuis la salle au cours de représentations, comme ce sera le cas avec l’opérette Mam’zelle N’y Touche, en mars 2015. En avril, ce sont des choristes amateurs qui se joindront à des choristes d’accentus pour chanter une version chorale de l’opéra Orphée et Eurydice, version révisée par Hector Berlioz, à la Philharmonie de Paris. Des interventions pédagogiques ou des rassemblements autour d’artistes sont aussi pratiqués. Le second axe de communication est plus en phase avec les pratiques de jeunes et intervient dans le cadre de la transversalité des arts qu’affectionne Laurence Equilbey. L’association de vidéos à une œuvre lors d’un concert, la création de docu-fictions ou de vidéos de promotion accessibles sur Youtube pour préparer l’édition d’un nouveau disque, comme le Requiem de Mozart ou Mantovani Voices, sont des actions courantes. Moins traditionnel est le lancement d’un concours graphique et vidéo auprès des étudiants pour qu’ils créent une couverture alternative et une vidéo évoquant le nouvel Opus d’accentus : « Mantovani Voices », consacré aux œuvres chorales de Bruno Mantovani. Même chose pour le démarrage d’un atelier d’écriture musicale contemporaine par des étudiants en musique. Globalement, chaque projet comprend quatre volets : un concert, un Electronic Press Kit (EPC), une vidéo pédagogique et un CD de l’œuvre. Toutes ces actions sont financées par des subventions qu’Erda accentus reçoit à travers accentus et qui sont versées par la DRAC, la région Ile de France, la Ville de Paris, le ministère de la Culture et de la Communication et la SACEM. En investissant dans Erda accentus, le chœur accentus prépare donc son public de demain. Un exemple à méditer.
Michel Grinand