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Simon-PhippsSimon Phipps, chef du Chœur de Chambre Suédois

« Les Suédois chantent avec leur cœur »

 

Dans un répertoire d’œuvres chorales a capella allant de Le Jeune à Esenvalds, en passant par Byrd, Grieg, Debussy, Poulenc, Sandström et Rehnqvist, Simon Phipps a porté le Swedish Chamber Choir au sommet de son art lors du Festival 2014 des Chœurs Lauréats de Vaison-la-Romaine, avant d’en commenter les points forts.

 

 

AvantChoeur : Etes-vous satisfait du concert que vous avez donné à Vaison-la-Romaine avec le Chœur de chambre suédois (Svenska Kammarkören) pour le Festival 2014 des Chœurs Lauréats ?
Simon Phipps : Les choristes et moi sommes fiers de ce concert, oui, mais comme tous les artistes, je ne suis jamais satisfait. Mais cela a été un très beau concert, avec un public très chaleureux qui nous a offert beaucoup de silence. Le silence est la meilleure ovation que puisse nous faire le public car cela veut dire qu’il nous écoute. Alors, c’est comme s’il respirait la musique.

 

AC : Votre programme était très varié. Comment l’avez-vous choisi ?
SP : J’ai opté pour un programme moitié musique sacrée, moitié musique profane, avec beaucoup de compositeurs différents. J’aime les programmes très variés car la musique chorale peut être très ennuyeuse si elle est trop traditionnelle ou trop restrictive. On voit alors des chœurs chanter la musique qu’ils aiment sans se rendre compte qu’ils endorment leur public. Alors qu’un chœur qui passionne donne envie au public d’écouter davantage de musique chorale. C’est pourquoi je m’efforce toujours de proposer des concerts qui ne connaissent pas de temps mort et qui présentent des styles divers et créent des émotions différentes.

 

 

PustAC : Le public suédois est-il plus amateur de musique chorale que le public français ou allemand ?
SP : Les Suédois sont plus intéressés par la nature que par la culture. C’est pourquoi nous devons toujours être bons pour attirer à nous le public. En Allemagne, le public réclame généralement un programme très classique. Mais en France, c’est toujours merveilleux d’avoir un public qui assiste avec attention au concert, cela quel que soit le style de musique, car on ressent son soutien. Le terme d’assister, qui signifie à la fois « aider » et « voir » est d’ailleurs un bon mot pour traduire cette sensation. Et ce soir, le public de Vaison-la-Romaine nous a vraiment assistés.

 

AC : Vous avez dirigé en Angleterre avant de vous installer en Suède. Quelle différence voyez-vous entre les chœurs anglais et les chœurs suédois ?
SP : Les chœurs anglais sont plus disciplinés, plus techniques et ils déchiffrent vite. Par contre, ils chantent de façon très intellectuelle, avec leur tête. Les choristes suédois, eux, lisent plus lentement la musique, mais celle-ci entre dans leur tête, puis dans leur corps et ils chantent alors avec leur cœur. Les Suédois ont l’habitude d’exprimer naturellement leurs émotions. Cette honnêteté s’entend dans leurs chœurs et elle fait leur réputation.

 

Svenska-plan-serre-droite-avec-SimonAC : Lors de votre concert, Sven-David Sandström est le seul compositeur dont vous avez interprété deux œuvres. Est-ce votre compositeur de prédilection ?
SP : Sven-David Sandström est un très bon compositeur et son style nous convient bien. De plus, comme pour « Hear my Prayer, my Lord », qui est un arrangement et une prolongation d’un air ancien d’Henry Purcell, il est comme un architecte génial qui agrandir tous les vieux édifices sait rénover et les rénover. J’aime cela.

 

AC : Pour nos lecteurs qui souhaiteraient le Chœur de chambre suédois, lequel de vos disques reflète le programme du concert que vous avez donné lors de ce Festival des Chœurs Lauréats ?
SP : Le concert est un échantillon des œuvres que nous avons chantées durant toutes ces années. Mais il me semble que notre disque « New Favourites », paru en 2011, est assez représentatif de cette soirée. Il reprend de nombreux morceaux et affiche une très belle sonorité.
Propos recueillis par Michel Grinand