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Northern Lights page 1 nouvelle Web« Northern Lights/Hodie Christus natus est », de Jean-Christophe Rosaz

Rencontre avec un air choral diphonique venu d’ailleurs

 

Avec « Northern Lights / Hodie Christus natus est », ce sont deux phénomènes mystérieux : les aurores boréales et le chant diphonique, ce chant bi-harmonique pratiqué par certaines populations asiatiques, que le compositeur Jean-Christophe Rosaz a mariés dans une composition dédiée au maître du genre : Wolgang Saus. Le résultat est une ode aux mystères de la vie.

 

Présentation : l’étrange chant diphonique. Pour inaugurer sa rubrique de critiques de partitions contemporaines originales, Avantchoeur.com a choisi de vous présenter une pièce singulière et inédite qui ne manquera pas de plaire aux adeptes de la musique contemporaine expérimentale, mais facile à écouter. Cette pièce est « Northern Lights / Hodie Christus natus est », du compositeur Jean-Christophe Rosaz. Vous pouvez en entendre des extraits sur le lien suivant: Northern lights Hodie Christus natus est . Amoureux de la nature, celui-ci s’est intéressé à deux curiosités naturelles : l’une, visuelle, est l’aurore boréale ; l’autre, sonore, est le chant diphonique, que pratiquent traditionnellement certaines populations asiatiques et scandinaves et qu’a fait connaître en Europe le chanteur et chef du chœur European Overtone Choir (Chœur diphonique européen) Wolfgang Saus. D’origine allemande, celui-ci s’est fait une spécialité de cette technique vocale qui, au moyen d’un travail sur les harmoniques, produit deux lignes sonores en même temps, l’une grave et l’autre aiguë. A la demande de Wolfgang Saus, Jean-Christophe Rosaz a composé en 2013 une œuvre chorale comprenant du chant diphonique. Sa durée est d’environ 6 minutes. Elle est écrite pour 4 chœurs à deux voix et 4 voix solistes couplées hommes/femmes. Tous les chanteurs sont spatialisés autour du public selon les quatre points cardinaux. Son exécution se réalise a capella.

 

Northern Lights Couverture WebAnalyse : une pièce majestueuse. Northern Lights est une pièce majestueuse en trois parties : une introduction mesurée (4/4) commençant par du chant diphonique aux parties solo et chœurs, avant d’attaquer un « crescendo choral » progressif sur batteries d’accords et motifs descendant en la mineur (avec quelques modulations) aux différents chœurs. Celle-ci se termine par un accord de dominante en crescendo qui lance la seconde partie : un « Hodie Christus natus est » massif. Cette partie est d’abord non mesurée et toujours en la mineur. Tantôt les chœurs s’y répondent en un contrepoint serré mais non strict, tantôt, le compositeur y joue avec la densité sonore et les nuances. Pendant ce temps, les solistes tiennent un « cantus firmus » en chant diphonique. Vient ensuite une partie mesurée (3/4) modulante en mode de mi sur des batteries d’accords allant vers un allègement du matériau thématique, jusqu’à déboucher sur la tranquille troisième partie. Celle-ci comprend en effet 12 mesures sur pédale de mi en chant diphonique qui nous permettent de retourner à la quiétude initiale, donnant ainsi un sentiment d’achèvement à la pièce.

 

Jean Christophe Rosaz WebCritique : une référence chorale. La pièce est novatrice en ce qui concerne le traitement des modes de jeux utilisés : très peu de compositeurs ont, comme Jean-Christophe Rosaz, composé du chant diphonique pour chœur. De plus, elle offre une grande liberté d’interprétation, ce qui ravira sûrement nos lecteurs qui voudront la chanter. La condition, bien sûr, sera de maîtriser le chant diphonique ou de s’associer avec un spécialiste de cette technique. Autre difficulté, l’oreille perd parfois ses repères dans le « Hodie Christus natus est… », qui est d’une écriture très dense, mais la technique compositionnelle utilisée révèle encore un grand attachement au système tonal de la part du compositeur. C’est, en soi, assez étonnant car on aurait pu penser que le chant diphonique aspirerait justement vers d’autres horizons harmoniques. Mais quoi qu’il en soit, avec son utilisation judicieuse du chœur et des solistes ainsi qu’avec la gamme des effets diphoniques pouvant être employés, Northern Lights va sûrement devenir une référence de tous les chœurs et chanteurs diphoniques. Aussi, nous vous encourageons à la découvrir sans tarder. Vous pouvez l'acquérir en contactant directement le compositeur: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. .
Léon Chaubet

 



Wolfgang Saus fotocclaudia bergomi WebWolfgang Saus, alchimiste de la voix diphonique

 

C’est en entendant pour la première fois l’américain texan parlé par les techniciens du centre spatial de Houston s’adressant à Armstrong et Aldrin, lors de leur alunissage, le 21 juillet 1969, que Wolfgang Saus dit avoir eu l’intuition du chant diphonique. Le «R » texan produit en effet des harmoniques diphoniques. Devenu plus tard choriste et chimiste, Wolfgang Saus rencontre en 1983 Joachim Ernst Berendt dont le livre " Nada Brahma - le monde est son " théorise le chant diphonique. La même année, le chanteur Roberto Laneri concrétise ce chant devant lui à sa grande stupéfaction. Depuis, Wolfgang Saus n’a plus cessé de travailler sur le chant diphonique, abandonnant même son métier de chimiste pour lui consacrer sa vie. Il l’enseigne au travers de conférences, tout en poursuivant ses recherches avec des compositeurs. Il a même développé Overtone Analyzer, un logiciel de visualisation du son pour les musiciens. 

MG